HISTOIRE OB BAGDAD
Lorsque Arg-oùn l'eut emporté dans sa lutte contre Ahmed, il confia le gouvernement de l'ancienne capitale des khalifes à son frère Baïdoii-Og-houl * en 683 (1284), et eut pour ministre l'émir Boqa, qui fit accuser Ghems ud-dîn Mohammed d'avoir empoisonné Ahaqa *, et le fit mettre à mort ainsi que ses trois enfants. Le règne d'Argoûn, en ce qui concerne ]"Irâq, se manifesta surtout par le soin qu'il prit de faire creuser un nouveau canal partant deTEuphrale pour rejoindre la plaine de Kerhélâ.
Peu après l'exécntion de Chems ud-dîn, le général Arouq, frère de ce Boqa qui fut ministre d'Argoùn, et qui commandait en 'Irâq-'Arahîsous le prince Baïdou, fit mourir un autre de ses fils, Khâdjè Hâroûn, intendant de la province, parce qu'il le soupçonnait d'être d'intelligence avec Medjd ud-dîn Athîr, qui avait accusé ce général de concussion '. Go même Arouq fut arrêté et exécuté immédiatement après le supplice de son frère Boqa \
Le médecin juif Sa'd ud-daulè, qui succéda à Djélâl ud-dîn de Semnan en qualité de ministre des finances, était l'un des médecins attachés à la personne d'Argoùn, mais il demeurait habituellement à Bagdad. Son long séjour dans cette ville l'avait mis à même de prendre connaissance de l'état des finances dans la province. Sachant l'avarice du prince mongol, il l'entretenait, pour le distraire, des dilapidations commises par les intendants d' Arouq, et de l'état des revenus du fisc ; il parvint à lui démontrer que les fonds publics avaient en grande partie passé dans les caisses d'Arouq et de là dans celles de son frère, le ministre Boqa ; il lui cita le fait de la démolition de plusieurs collèges et caravanséraïs, et même
1. D'apn-s C. d'Ohsson, op. Iau<1.,[. IV, p. 4, le prince Baidoii était fils de Tarpaï, cinquii'ine fils de Houlagou, et par conséquent cousin d'Argoi'in, et non son frère comme le porte notre texte.