Rachîd ed-dîn, apud d'Ohsson, id. op., t. IV, p
Baïdou fut monté sur le trône, il nomma gouverneur Toudadjou, un de ses familiers, qui soumit les riches habitants de celle ville à des extorsions et à des confiscations sans nombre.
Au début du règne de Gazan, il y eut de grandes persécutions contre les non-musulmans. « Il serait impossible de décrire les persécutions elles insultes que les chrétiens eurent à subir, principalement à Bagdad, oii, dit-on, aucun d'eux n'osait plus se montrer dans les rues ; c'étaient leurs femmes qui sortaient pour acheter et vendre, parce qu'on ne pouvait pas les distinguer à l'extérieur des femmes mahométanes ; mais si par hasard on les reconnaissait, elles étaient insultées et frappées. Cette persécution s'étendit aussi sur les juifs et les prêtres idolâtres (c'est-à-dire bouddhistes)'. »
Ce fut à cette époque que les musulmans enlevèrent aux chrétiens l'église que le patriarche neslorien Makika avait fait bâtir dans le palais du Dévâtdâr, qui lui avait été donné par Houlagou. Ils exhumèrent le corps de ce patriarche et celui de son successeur Denha, que les chrétiens transportèrent dans d'autres églises de la même ville*.
Pour ce qui est du payement du kharâdj ou impôt sur la récolte payé parles terres laissées à l'origine aux non-musulmans, une exception avait été faite, à l'égard de Bagdad, aux règles posées par l'édit de Gazan de redjeb 703 (février 1304). Alors que dans le reste de l'empire cet impôt se payait une fois l'an, depuis l'équinoxe de printemps jusqu'au vingtième jour suivant, on l'acquittait, dans la ville des khalifes, à l'époque de la moisson, et le terme était aussi de vingt jours.
Gazan passait l'hiver à Bagdad et se livrait à de grandes chasses dans les immenses plaines qui entourent la ville. En 1296, notamment, il partit le 29 septembre (correspondant au 18 zou'l-qa'dé 695) des environs de Méràgha, et établit sa cour
1. lîai-HebraMis et le continuateur de la chronique pyria([uo d'Abou "l- Faradj, cites par d'Olisson, t. IV, p. 147.
2. C. d'Olisson, id. op., ibid. ; J.-B. Cliabol, Histoire de Mar Jabahthalll, p. il8.
sur les bords du Tigre dans le mois de décembre; il passa l'hiver à chasser dans T'Irâq et partit pour Hamadàn le 10 mars 1297 (14 djoumàdha I 696). Il voulut que dans l'ancienne capitale des Abbassides, comme dans toutes les grandes villes de son royaume, on établît sous le nom de Dâr cs-Sii/ddèt,deshospices pour les descendants d"Ali, et il assigna des fonds pour l'entretien de ces établissements et des individus qui y étaient hospitalisés'.
Lors de sa troisième expédition en Syrie, Gazan passa l'Euphrale à l.lilla le 30 janvier 1303 (10 djoumâda II 702) et le 5 février il visita le tombeau deHoséïn à Kerbélû; « il assigna pour la subsistance des Séijids (descendants d'Ali) qui y faisaient leur demeure, trois mille manns de pain par jour, du produit des terrains fertilisés par le canal supérieur de Gazan, qui avait été conduit de l'Euphrale au meschhed (-Iloséïn) *. » Voici l'histoire de ce canaP : « Il (Gazan) fil creuser dans le canton de Halla (l.lilla) un canal qui conduisait l'eau de TEuphrate au tombeau de Housseïn et arrosait la plaine aride et déserte de Kerbéla; dès lors, les environs de ce tombeau se couvrirent de champs et de jardins; ils produisirent plus de cent mille toiighars' de grains,, meilleurs que ceux de la province de Bagdad. Gazan ordonna de distribuer tous les ans une certaine quantité de bleds aux pauvres Séyids qui habitaient en grand nombre ce lieu saint. On appela son canal le canal supérieur de Gazan, pour le distinguer d'un autre, également de sa création, qui conduisait l'eau de l'Euphrate au tombeau de Séyid Aboul-véfa. Chassant un jour, dans la plaine aride oiî s'élève ce mausolée, il n'y trouva pas d'eau pour faire boire ses chevaux... il voulutarroser cette contrée; le nouveau conduit reçut le nom de canal inférieur de Gazan. Un troisième, creusé sur la lisière orientale du [désert, fut nommé