‹ Histoire de Bagdad dans les temps modernesChapitre 27 sur 93 · I^e même Mémoire, p · texte numérisé non relu

I^e même Mémoire, p

le mur d'enceinte de la cité, probablement bien réduite comme population; puis, à la fin de l'année 808 (juin 1406) il se mit en marche vers Tébrîz à la tête d'une armée composée de vauriens, auxquels il avait adjoint les milices des Ouïrâts (Eleuthes) et les contingents turcomans; l'émir Cheikh Ibrahim Ghirwànî qui y commandait lui céda la place sans difficulté; les habitants revirent avec bonheur leur ancien prince et celui-ci ne songea plus qu'à se divertir. Cela dura jusqu'à l'arrivée soudaine du prince timouride Mirzâ Abou-Bekr qui coïncida avec la peste, de sorte que ce prince n'eut pas de peine à s'emparer d'une ville d'où tout le monde s'était enfui. Mais vaincu dans sa lutte contre Qara-Yousouf, il ne put garder sa conquête éphémère, qui passa, avec les provinces voisines, au pouvoir du fondateur de la dynastie des Turcomans du Mouton-Noir.

Nous venons de parler de la reconstruction des murailles de Bagdad. \u rapport de Mîrkhond, l'enceinte que fit tracer à nouveau Sultan Ahmed était bien moins étendue que l'ancienne. C'est surtout dans le cours de l'année 810 (1407-1408) qu'il s'occupa, d'après l'auteur du Matla es-Sadéïn', avec un zèle et une ardeur extraordinaires à fortifier les remparts et à en creuser les fossés. On prétend qu'il venait justement de retrouver un trésor considérable qu'il avait fait cacher avant l'attaque de Timour, et qu'il retrouva intact; cela lui aurait permis démettre sa capitale en état de défense dans un laps de temps fort court.

Dans l'hiver de 811 (fin de 1408), un certain individu, nommé Owéïs, qui se faisait passer pour le fils d'Ahmed, pL'ut-être avec quelque apparence de raison, puisqu'on avait été obligé d'acheter son silence à prix d'or, rassembla ses partisans et tenta de s'emparer de la capitale pendant que le souverain était occupé à poursuivre, on vain d'ailleurs, le siège de Soultâniyyé. Sultan Ahmed se rendit en toute hâte à Bagdad et étouffa la sédition dans le sang de ses fauteurs. 1. Le même Mémoire, p. 43, note 18.

La mésintelligence ne tarda pas à éclater entre Qara-Yousoufet Sultan Ahnned. Celui-ci voulut profiter de ce que le chef turcoman était occupé d'un autre côté pour tenter de lui ravir Tébriz ; il entra sans peine dans la ville, mais il fut obligé de livrer bataille sous les murs mêmes, devant le faubourg de Ghèmb-i Gâzàn (28 rébi' II 813i=29 août 1410), fut défait, blessé en s'enfuyant, pris et conduit devant le vainqueur, qui obtint de lui un acte de renonciation à la souveraineté en faveur de son fils Châh-Mohammed. Qara-Yousouf, cédant aux instances de son entourage, consentit à le laisser étrangler. Ainsi finit ce prince aventureux, qui était passé maître dans la science de la musique et l'art de la poésie, qui était habile dans les mathématiques et la géomancie, mais qui s'était fait détester, comme nous l'avons vu, par ses exactions et sa tyrannie.

Sa mort mit fin, non pas à la dynastie des Ilékâniens, comme presque tous les historiens l'ont cru à tort', mais à leur pouvoir. Trois petits-neveux du sultan défunt, Mahmoud, Mohammed et Owéïs, se maintinrent encore un an et demi dans Bagdad , sous la tutelle de la princesse Tendon ou Dendi- Sultane, leur grand'tante, sœur d'Ahmed. Puis Châh-Mohammed se mit en devoir d'aller occuper la ville pour laquelle il pouvait exciper d'une cession régulière de la part du souverain déchu ; il partit d'Ardébîl et vint camper devant la porte du marché du Sultan.

Une sédition aida puissamment le succès des Turcomans du Mouton-Noir. Les partisans de l'émir Bakhchâïch, qui avait rempli les fonctions de préfet de police (chihna) et de gouverneur [darogha] sous Sultan Ahmed, se soulevèrent contre 'Abd er-Rahîm Mallâh (le Nautonier) qui commandait au nom de Mahmoud, l'aîné des trois frères, et le massacrèrent. La ville fut en proie aux plus affreux désordres. Les trois frères et Tendou-Sultane s'enfuirent à Chouchtèr, où ils main-

1. C'est ce que j'ai clémonti'é clans le Mémoire cité. Ce qui suit est un résumé de mes conclusions.

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linronl quelque temps un pouvoir précaire, en qualité de vassaux de Ghâh-Rokh*. Cliâh-Mohammed prit alors possession de Bagdad, soumit également la forteresse de Hît et une partie du Kurdistan, qui formèrent le nouveau royaume.

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