Comparez Khondéiiiir, op. lawL, t. III, 3c partie, p
2. Cl. Huari, Mémoire sur la fin de la dynastie des llékaniens, dans le Journal asiatique (\&iS16, p. 46, note 31 du tirage à part; Ibn-'Arab-Chàh, Vita Timuri, éd. Manger, t. I, p. 301 cl suiv. ; Malcolm, Histoire de Perse, trad. française, t. Il, p. 192.
santé des hordes de l'Asie centrale. Faradj se mit en devoir de défendre bravement la cité qui lui élail confiée; Timour, qui n'avait d'abord envoyé que quelques-uns de ses lieutenants, résolut de se rendre lui-même au camp. On avait tout d'abord investi la ville du côté du sud ; on lama alors un pont de bateaux sur le Tig-re, et l'armée lartare alla camper sur la route d'Alloun-Kieupru', en face du village de Qaryet el- 'Oqâb. Pendant quarante jours consécutifs on se battit autour de la ville, où la disette et la cherté dos vivres réduisirent vite les citadins au désespoir et amenèrent de nombreuses désertions. Le dimanche 27 zou '1-qa'dé 803 (10 juillet 1401), profitant de ce que les défenseurs des remparts, sous la chaleur torride du soleil de midi, avaient déserté leur poste, l'armée de Timour monta sur les murs de fortification au moyen d'escalade. Emîr-Zadè Khalîl-Sultàn, Chéïkh Noùr od-din et Hustèm-Toghà arrivèrent les premiers sur la muraille". Faradj, ne pouvant résister plus longtemps, monta sur des barques avec sa famille et sa maison, et s'enfuit vers Bassora ; mais il fut pris, ou sa barque coulée, et il périt. Timour ordonna, comme l'on sait, un massacre général des habitants. On démolit les mosquées et les écoles qui dataient du temps des khalifes abbassides et des sultans passés; à l'époque où écrivait notre auteur, vers la fin du xvu"^ siècle, on voyait encore,à Bagdad et à Sâmarra, les traces de ces dévastations.
Timour écrivit à Bayézid pour se faire remettre Sultan Ahmed et Qara-Yousouf; mais cette demande ne fut pas accueillie, et le refus du souverain ottoman fut un des motifs qui décidèrent sa marche en Asie-Mineure et amenèrent la défaite de Bayézid à Angora ^
A la province de Bagdad, Timour joignit colle de Bassora et le delta du Chatt-el 'Arab [Djèzâïr, propre mont c les
1. Sur celte localité, voyez V. Cuinet, op. cil., t. 11, p. 855.
2. D'après Khondi'mir, t. III. 3« partie, p. 02. ce fut Clu'ikli Noi'ir ed-dîu qui le premier planta li; drapeau tarlare sur les nuuparls.
'^. Comparez Ilamraei', Histoire de l'Empire odoman, t. 11, p. .57.
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îles' ») et en confia le gouvernement ù son polit-fils Mîrzà AboQ-Bekr, lils Je Miràu-Chàh. Une vaine tentative que lit ensuite Qara-Yousouf pour combattre les troupes lartares sur le canal 'Ahiamî, dans les (Mivirons de llilla, n'eut aucun succès, et Abou-Bekr, qui la repoussa, resta maître de 1' Iraq Arabi.
Après la bataille d'Angora, Sultàn-Ahmed et Qara-Yousouf retournèrent sur le lerriloire appartenant au sultan d'Eg-ypte, qui était alors Mélik-Nàçir Faradj'. Celui-ci, (jui tenait à rester en bous termes avec le conquérant, envoya à Chéïkh, gouverneur de Damas, l'ordre de se saisir des deux fugitifs et de les enfermer dans la citadelle de cette ville (djoumâda II 806 = décembre 1403-janvier 1404), où ils restèrent jusqu'à la mort de Timour, qui survint l'année suivante.
A la nouvelle du décès de son ennemi, Sultân-Ahmed s'enfuit de Damas dans la nuit qui précéda le dimanche 16 zou'l-hiddjé 807 (14 juin 1405)^; il avait été délivré de la prison en même temps que Qara-Yousouf, en chewwàl de la même année (avril). Quand il eut atteint Ililla, il s'y cacha quelque temps, puis forma une troupe composée de mauvais sujets et de gens de désordre avec laquelle, disent les historiens persans, il se livra au brigandage *. La nouvelle de son retour produisit à Bagdad une agitation telle que le gouverneur de la ville, Daulet-Khâdjè lnâ(j, ne put tenir et fut contraint de se retirer au camp de Mîrzâ 'Omar, autre petit-fils de Timour. Une semaine plus lard Sultan Ahmed recouvrait sa capitale.
Le premier soin du souverain rétabli fut do reconstruire
1. Ce sont les îles formées par les divers bras du Cha^t, entre Djéwàzir (Qourna) et Djamàsiya, aux enviions de Wàsit (Hadji-Khalla, Djihdn- Numd, p. 468).
2. J'ai démontré, dans mon Mémoire sw la fin de la dynastie des llékaniens, p. 37, note 8, que les deux fugitifs étaient restés en Syrie et n'avaient pas été en Egypte, contrairement à l'opinion des historiens persans.