INTRODUCTION V
dit plus complet composé par le chéïkh 'Othmân ben Sanad el-Baçrî, sauf pour les cinq dernières années du gouvernement de Dâoud-Pacha, dont le récit est l'œuvre de l'abréviateur, devenu le continuateur. Le chéïkh 'Othmân, mort en 12^)0 (1834.), avait poussé son travail jusqu'en 1242 (1826); Amin ben Hasan l'a mené jusqu'en 1247 (1831). Ce dernier a joint à sa publication un petit traité sur la culture du palmier ' .
Tels sont les trois documents qui ont servi de base à la présente monographie. De valeur diverse et inégale, ils ont néanmoins cet avantage d'offrir la suite des événements d'une façon presque ininterrompue, avec une seule lacune que nous avons comblée au moyen des historiens ottomans. Je n'ai malheureusement pu consulter la continuation de Nazhmî-Zâdè, intitaiée Devhat ul-Wîtzérâ, imprimée à Bagdad en 1237 par Mirzâ Mohammed Bâqir de Titlis, édition qui a été mise au pilon et dont il n'a survécu que trois exemplaires, dont l'un faisait partie de la bibliothèque de Ch. Schefer*. L'élévation de petites dynasties éphémères sur les ruines de l'empire des Mongols, la conquête ottomane, les longues luttes entre les Turcs et les Persans, les révoltes des citadins et les campagnes des gouverneurs contre les Bédouins du désert, enfin la constitution d'un gouvernement de mamlouks qui visait à devenir indépendant, tels sont les principaux faits qui remplissent ces pages. Au milieu de ces péripéties et de ces catastrophes, les habitants de Bagdad, dans leur légitime fierté, n'oublièrent jamais que leur ville avait été la capitale du grand empire abbasside; ils ne purent jamais se résigner au rôle secondaire que la fortune semblait leur réserver; leur esprit allier n'admettait pas aisément que leur cité fût devenue une ville de province. C'est ce qui explique leur caractère remuant et in-