‹ Histoire de Bagdad dans les temps modernesChapitre 48 sur 93 · GOUVERNEMENT DU VIZIR DERWICH MOHAMMED-PACHA · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DU VIZIR DERWICH MOHAMMED-PACHA

MourAd IV, après avoir chargé le grand-vizir Qara-Mouçtafa- Pacha du soin de disposer les moyens de défense de sa nouvelle conquête et de rétablir la tranquillité sur la frontière de Perse, retourna à Constantinople. Le grand-vizir s'occupa activement, comme il en avait reçu l'ordre, de réparer les tours et les murailles démolies pendant le siège et de fortifier la ville. Ensuite, le 2 zou 'l-qa"dé 1048 (7 mars 4639), les troupes se mirent en marche pour la frontière de Perse; lorsqu'elles en furent tout près, le Chah envoya des ambassadeurs pour demander la paix, qui fut accordée et conclue le 14 moharrem 1049 (47 mai 1639), et les limites fixées à nouveau.

Pendant que le grand-vizir était en chemin pour retourner à Constantinople, il réfléchit que Ilasan-Pacha, gouverneur de Bagdad, était connu pour une certaine indulgence, pour sa mansuétude et sa douceur, qu'en outre les ditîérentes tribus kurdes et arabes qui habitent cette vaste province n'étaient pas suffisamment policées, que les troupes désignées pour former la garnison étaient d'origine dilTérente, et que, par conséquent, il fallait, pour maintenir tout ce monde, un chef énergique; il nomma Derwîch Mobammed-Pacha à cette place.

On dit que ce gouverneur répandit la terreur dans la pro-

vince, et que, tout en contenant les indigènes dans l'obéissance et en se montrant terrible pour les fauteurs de troubles, l'org-ueil et la présomption se glissèrent dans son âme. Son gouvernement fut sans pitié ni pardon. Dans ces jours de désordre, un brigand nommé Mobannà-ï Khoza'lî se prétendit vassal du Chah de Perse pour les cantons de Samâwât* et de Khàlid^ qui dépendent de Bagdad, et se mit à errer dans les défilés d'Ahwàz et de Odjam; il se révolta ouvertement et battit l'estrade. Pour le combattre, le pacha envoya son kiaya 'Ali-Agha avec des troupes choisies. Lors de la rencontre, ce brigand ne put pas tenir plus d'une heure ou deux : la plupart do ses adhérentset de ses acolytes furent massacrés; il s'enfuit vers la Perse avec un petit nombre d'hommes, et les deux cantons furent, comme il était désirable, joints défmitivement à la province de Bagdad.

Pendant la durée de la domination persane, la forteresse d"Ardja* s'était mise sous laprotection des lancesdesBédouins et avait été placée sous le gouvernement d'un émir arabe. Celui-ci étant mort, 'Ali-Pacha, mirmiran de Bassora, trouva l'occasion bonne pour s'emparer d''Ardja et voulut se l'adjoindre, à cause de la proximité de cette place de la province qu'il commandait; mais les habitants de la bourgade firent savoir au gouverneur de Bagdad ce qui se passait et manifestèrent le désir de dépendre de cette dernière province. Derwîch Mohammed envoya, en conséquence de cette démarche, des troupes en quantité nécessaire, un général, un gouverneur militaire, un commandant de forteresse et un mîr-lwa capable, et leur en fît prendre possession au nom du gouverneur de Bagdad.

A cette époque (1049=1639), mourut le sultan Mourâd IV, qui fut remplacé par son frère Ibrahim. En 1051 (1642), à la

1 . Aujourd'hui Sémava, chef-lieu d'un caza au S.-E. du sandjak de Ililla, à 240 kilomètres de Bagdad à vol d'oiseau. Cf. V. Ciiinet, op. laud., l. III, p. 167 ; Rousseau, p. 59.

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