‹ Histoire de Bagdad dans les temps modernesChapitre 59 sur 93 · Jeu de mots clans le texte turc · texte numérisé non relu

Jeu de mots clans le texte turc

Mourlézâ-Pacha, avec ses biens abondants et ses trésors innombrables, devint l'égal des rois, et avec ses armées formidables, celui des plus célèbres conquérants. L'orgueil s'empara de lui à tel point que tantôt il prétendait deviner les pensées de certaines personnes, et tantôt prédisait l'arrivée de certaines gens. Voici un fait dont notre auteur fut témoin : Un jour, pendant que des pêcheurs allaient et venaient en barque sur le Tigre, le gouverneur les fit venir et leur fit jeter le filet pour courir sa chance ; plus de vingt poissons apparurent dans le filet. Une autre fois, un marinier d'un extérieur convenable se présenta à l'audience et dit que sa barque, par suite de la violence du vent, était près de se perdre au milieu de la tourmente, dans telle localité, à telle époque, lorsqu'il avait eu recours à la bonne chance du pacha et avait imploré son secours en formant le vœu de lui apporter une chandelle de cire. Il s'était sauvé et avait atteint tranquillement le rivage du salut. En disant ces mots, il tendit au pacha la chandelle de cire dont il avait fait vœu.

Ce gouverneur se promenait très souvent, seul et à pied, dans les rues et dans les bazars; toutes les fois qu'il se reposait à la tête du pont ou dans les cafés, il jugeait les procès et les différends et rendait des ordres auxquels il n'y avait qu'à se soumettre. Grâce à la crainte qu'il inspirait, citadins et soldats obéissaient et se tenaient tranquilles; toute rébellion disparut et les règles de la discipline furent observées. Il y a ceci de remarquable, c'est que ce pacha, comme un lion assoiffé de sang, avait la vengeance cruelle ; il faisait emprisonner pour de longs jours beaucoup d'individus pour une faute médiocre, ou les soumettait à des confiscations fréquentes; il fit même périr une foule d'innocents dans de violents supplices; mais sous son gouvernement on n'entendit parler ni de voleurs de nuit ni de coupeurs de route étrangers.

En 1070 (1660), la prise do la forteresse de Wrad (Grosswardein) par le serdâr 'Ali-Pacha ' fut annoncée à Bagdad et

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