Voir ci-dessus, page 83 et
1ère et décida que ce gouverneur serait expulsé et renvoN'é de la province de Bassora avec sa famille et sa tribu, et que son kiaya Yahyà-Aglia, à la demande même des plaignants, serait nommé à sa place, à la charge de payer sans délai la somme de deux cents bourses d'argent que son prédécesseur s'était engagé à acquitter chaque année, et sous d'autres conditions encore. Le nouveau gouverneur de Bagdad fut chargé de mettre cet ordre à exécution; il fut nommé généralissime et eut sous ses ordres le vizir Ibrahîm-Pacha, gouverneur de Diarbékir, le vizir Kén'ân-Pacha, gouverneur militaire de Chèhri-zor, le mirmiran de Mossoul, Moùsa-Pacha, et le beylerbey de Raqqa, Dilâwèr-Pacha. Le généralissime, parti de Damas dont il quittait le gouvernement, fit son entrée à Bagdad; et dans cette ville attendirent les vizirs et les mirmirans que la Porte avait placés sous ses ordres, mille cinq cents janissaires environ, ainsi que les soldats valides des troupes indigènes.
A cette nouvelle Ilusém-Pacha fut transporté de colère; il chassa de leurs maisons, sous des menaces formidables, les habitants de la ville, de quelque rang qu'ils fussent ; il expulsa de leur domicile nombre de femmes musulmanes, élevées à l'ombre du harem; il abandonna à la rapacité des brigands du désert ceux qui n'avaient pas fui assez vite; il envoya ses biens et sa famille sur les frontières de Perse; il livra au pillage son propre palais et le fit raser; puis il se mit en marche pour la forteresse de Qourna avec une armée considérable, bien fournie d'instruments de combat. Après avoir complété les fortifications de cette forteresse et avoir disposé tous les moyens de soutenir un siège, il alla camper dans un endroit nommé Sahâb, accompagné de mille à deux mille cavaliers; il expulsa de leur pays les habitants du DjézAïr et ravagea la localité où il campait.
Du côté opposé, le généralissime fit charger sur des navires et des barques un parc d'artillerie bien approvisionné, avec des canons et ses troupes d'infanterie. Il chargea Moùsa-Pacha,
mirmiran de Mossoul, ot Khalèf-Bey, mirliw;\ de Djèsûn, de défendre ce convoi, et lui-même se mit en roule le 7 djoumâda II 1018 (24 novembre 1667), avec une pompe grandiose. II descendit dans une tente qui lui avait été préparée dans l'endroit appelé Qoiichlar-qal' èsi (forteresse des Oiseaux), s'y reposa plusieurs jours, puis reprit sa route et arriva avec son armée dans la localité d'Iskendériyya. Là, le généralissime, les autres vizirs et les mirmirans, désireux d'accomplir un pieux pèlerinage au tombeau de lluséïn, fils d"Alî, tournèrent bride dans la direction de Ililla, remplirent leur vœu comme ils le désiraient, puis rejoignirent l'armée et partirent d'Iskendériyya pour aller camper à Qonâqiyya d'où ils gagnèrent ]\édjcf pour faire un pèlerinage au tombeau d"Alî, tandis que le gros de l'armée se dirigeait sur Roumâhiyya. Ouand le généralissime eut rejoint ses troupes, on partit pour 'Ardja, qui est l'extrême frontière de la province de Bassora, et l'on y séjourna plusieurs jours pour y réunir toute l'armée et attendre l'arrivée du convoi de bateaux.
Le 20 rédjeb de la même année (5 janvier 1668), au matin, on sonna le départ, les troupes se mirent en marche et arrivèrent à Koùt-Mo'ammar, oii le chéïkh de la tribu des Montéfiks, nommé 'Osmân-Bey, fit exécuter une fantasia à ses soldats à pied et à cheval et fut l'objet d'une remarque flatteuse de la part du généralissime. Bref, quand on fut arrivé à la localité de Mançoùriyya, les navires tout chargés qui descendaient le cours de l'Euphrate et les barques d'artillerie qui suivaient le cours du Tigre, formant ensemble une flottille de quatre cents navires, se rassemblèrent en ce même endroit 011 se réunissent les deux grands fleuves, et jetèrent l'ancre en face du camp.
Cet endroit est celui oii d'ordinaire on passe le Chattel- 'Arab; mais il était délaissé depuis le temps d'Ibrahîm-Pacha; plusieurs femmes musulmanes s'y montrèrent, et comme leur présence aurait pu distraire les troupes de la poursuite de la victoire, le général en chef jugea qu'il était convenable de
renoncer à passer le fleuve en cet endroit et de tenter le passage dans les localités du Djézàïr, qui sont une vraie u mer de palmiers » couvrant une infinité de ruisseaux et de canaux; une attaque à couvert de ces arbres devait en outre, pensail-il, effrayer davantage rennemi. Dilàwèr-Pacha, beylerbey de Raqqa, et les volontaires de Bagdad de l'aile droite partirent du côté du désert; le mirmirande Mossoul el l'agha des janissaires s'embarquèrent à bord des navires qui portaient l'artillerie, en face du camp: le généralissime, les autres vizirs et émirs entrèrent, avec le gros des troupes, sur le territoire du Djézàïr. Les sapeurs et les pionniers firent disparaître tout ce qui gênait la route, canaux profonds, ruisseaux larges, arbres entrelacés, vignes et jardins. On campa, le 1*^' cba'bân de cette même année (16 janvier 1668) dans la localité dite Dâr-Béni-Sedd.
Quatre à cinq mille Bédouins armés de fusils et séïmens envoyés par Huséïn-Pacha avaient fortifié au moyen de parapets le canal qui passe par cet endroit, et s'étaient préparés à la défense. Sur la rive opposée, un certain nombre de fusiliers s'étaient cachés, et environ cent machhoùfs' s'étaient dissimulés sur le bord de l'eau; ils se proposaient de barrer la roule à leurs adversaires en profilant de la masse de broussailles qui bordaient le canal. Une certaine agitation commençait à se propager dans l'armée assaillante, à la nouvelle de ces obstacles inattendus, lorsque certains braves commencèrent immédiatement la lutte, sans attendre des ordres ; mais
1. ^«3ï***, pi. tÀ»>-l^ sorte de barque en usage à Bassora. « Des naltes (Je roseaux, reliées par une niouibrure d'autres roseaux en faisceau, le tout recouvert d'un enduit de liitumc... Élroil et long, on ne peut s'y tenir qu'accroupi, et le uioindre mouvcuienl expose à un naufrage. Le plus difficile est d'y preudre place : mais une l'ois assis et un pa.nayeur aux deux extrémités, on file comme une llcclie... 11 est des maclikoull's de charf,'e pour le transport des marcliandises, pluslarg^es el plus lourds, des maclikouCfs de course aux flancs allonges et minces. » Denis de itivoyre, Lrs vrais Arabes et leur pays, p. i22. Cf. Cl. Huart, dans \aZeitschrift der deutsch. morgenldnd. Gesellscfuift, t. LU, 1898, p. US.
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le soleil se coucha sur les entrefailes, et chacun resta à sa place, occupé à se préparer au combat.
Le lendemain, au lever du soleil, la fusillade éclata des deux parts, le bruit du canon se fit entendre, les soldats se précipitèrent les uns sur les autres; la bataille dura jusqu'à midi. Dih\wèr-Pacha, mirmirande Raqqa, qui, ainsi que nous l'avons vu, avait été chargé d'opérer du côté du désert, et les volontaires de l'aile droite attaquèrent les parapets par derrière et mirent les défenseurs en déroute. Au même moment les ennemis furent enfoncés et mis en fuite avec leurs machhoùfs à l'est et à l'ouest; environ cinq cents d'entre eux périrent dans celle affaire par le sabre, et deux à trois cents noyés au milieu de la confusion; le reste s'enfuit. Sur l'ordre du général, on éleva dans cet endroit, pour servir d'exemple, une tour avec les têtes coupées des ennemis.
Le vizir Mouçtafa-Pacha continua sa route en coupant les arbres entrelacés qui gênaient sa marche et en jetant des digues en travers des canaux rapides; sur certains de ceux-ci dont le passage était difficile, il fit installer des ponts, et le 13 cha'bàn (28 janvier;, il dressa sa tente à Chérich, en face de Qourna, centre de la résistance. Il fit pointer contre la forteresse deux canons de position' et cinq autres pièces de l'espèce dite châhi dil-bilmèz] il commença à préparer un pont, et chargea de la défense de ce point le vizir Kèn'An- Pacha, Dilâwèr-Pacha et les volontaires de l'aile gauche; puis le général, à la tête de l'armée, passa le Chatt el-'Arab sur ce pont et vint camper sous les murs de la forteresse.
Le 4 ramazan (17 février), les troupes du qapou-qoulou (janissaires de Conslantinople) et les janissaires de Bagdad menèrent une tranchée du cûlé de la forteresse intérieure, disposèrent douze canons de siège grands et petits qu'ils avaient amenés avec eux, et ouvrirent le feu le lendemain malin, ce qui effraya l'ennemi. Les séïmens du généralissime
1. Bâl-yèmèz, ital. palla e mezzo. CF. Harbierde Meynard. Supplément aux dictionnaires turcs, s. h. v".
et certaÎQes troupes des provinces avaient dressé leurs lentes du côté du Chatt Zékiyyé^. Comme nous l'avons dit plus haut, Huséïn-Pacha tenait la forteresse avec les paysans du Djézâïr et les séïmens de son parti, en face de Qourna et de l'autre côté du Chatt Zékiy y é ,^onr pouvoir porter secours au point menacé. En vue de l'éloigner de cet endroit et de s'en emparer d'une façon quelconque, le gouverneur de Diarbékir, le vizir Ibrahîm-Pacha, sur Tordre du généralissime, passa, ainsi que ses troupes, le Chatt Zékiyyé au moyen de kélèks, en tenant en laisse les chevaux qui suivaient à la nage, et attaqua vivement Huséïn-Pacha qui, à celte nouvelle, n'eut plus la force de résister ni de soutenir ses prétentions; il s'enfuit vers la frontière de Perse. Les habitants qui avaient suivi son parti se dispersèrent, après avoir mis le feu à leurs maisons de bois; dans cet incendie, plusieurs individus virent périr leurs biens et leurs enfants, et la plupart moururent de froid dans le désert.
Voyant ce désastre, les défenseurs de la forteresse furenl plongés dans le désespoir; le 17 du même mois, dans la nuit qui précéda le vendredi (nuit du l'^'" au 2 mars), ils passèrent à leur tour le Chatt Zékiyyé et partirent à la suite de Huséïn- Pacha à travers la plaine de Hovvéïza. Néanmoins une partie d'entre eux se noya, et une autre partie périt de froid.
Au matin, le généralissime et ses troupes entrèrent dans la forteresse ; dans la confusion du premier moment, sur cent habitants qui étaient restés en arrière, trente à quarante furent tués ; les autres eurent la vie sauve. Ensuite un pardon général ayant été accordé, chacun revint dans sa demeure el reconstruisit sa maison.
Après la prise de Qourna, le généralissime, accompagné par les vizirs et tous les mirmirans, se rendit à Bassora dont le gouvernement, sur l'ordre du sultan, fut confié à YahyA-
1. Canal ainsi nommi- d'aprt's lo villago de Zi'Kiyyè, eut m Uassora et Wâsil. Cf. M>U;tri'i, I, p. 510.
Pacha. On alla visiter le mausolée où sont enterrés les deux compagnons du Prophète, Abou'1-Qarm Zobéïr et Tallia, puis l'on revint au camp dans la plaine de Qourna. Sur l'ordre du général en chef, mille cinq cents janissaires de Conslantinople environ furent désignés pour former la garnison de cette place ; on enrôla trois mille soldats indigènes; on fit à la forteresse les réparations nécessaires, on la munit d'artillerie et on l'approvisionna; les rentrées considérables fournies parles cantons fertiles de cette province furent affectées à la solde des troupes indigènes. Des lettres de victoire furent adressées au sultan et portées par des messagers rapides. Enfin le général leva le camp et revint à Bagdad.
Les efforts qu'il avait déployés dans cette campagne plurent au souverain, qui lui envoya, à litre de témoignage de satisfaction, une fourrure de martre et un sabre à la poignée ornée de diamants. Khalil-Agha, surnommé Takht-réwan, mouçâhib (valet de chambre eunuque) du sullan, fut chargé de lui porter ces présents. En outre, son fils reçut le gouvernement de la province de Chèhri-zor, et son frère Mohammed- Bey eut en partage les fonctions de dèftèrdnr ou directeur des finances de Bagdad, C'est ce même Mohammed-Bey qui, en 4079 (1668-1669), fit agrandir la mosquée du Grand-Imam et en éleva la coupole et le portique.
A la fin de cette année (mai 1669), le mutéçarrif ou gouverneur de la province de Bassora, Yahyâ-Pacha, n'ayant pas en caisse assez d'argent pour payer la solde de la milice indigène, et désireux en même temps de se débarrasser du rédacteur et du dèftèrdâr qui le gênaient, réfléchit qu'aucune condition acceptée par lui ne le liait du côté de la Porte; il se refusa à payer la solde de la milice, et se montra parfaitement indifférent à l'endroit de la répartition de l'impôt [tahrîr-i vilâyèt). De jour en jour la haine croissait entre lui et le dèftèrdâr joint aux miliciens. Ceux-ci se montrèrent insolents et réclamèrent la solde arriérée avec tant d'insistance que Yahyâ-Pacha, craignant pour sa sûreté, s'enfuit de la ville et
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rassembla des troupes du côté de Gurdélàn; puis, à un moment propice, il mit le siège devant Bassora à la tête de quatre à cinq mille fusiliers arabes et persans, ou séïmens. Profilant de ce désordre, les tribus arabes se précipitèrent de tous les côtés à la fois, envahirent le territoire d'une province qui n'avait pas une seule forteresse capable de résister, et entrèrent dans la ville avec l'espoir d'en chasser délinitivement les Turcs. Le rédacteur, le deflèrdâr, les aghas des milices et les autres troupes conjurées, pour conserver les biens qu'ils avaient acquis, s'enfuirent dans le désert et allèrent s'installera Bagdad, où le gouverneur Mouçtafà-Pacha, à qui les actes du dèftèrdâr, de l'agha des milices indigènes et du sàgh-qolaghâsy avaient déplu, les accusa d'avoir fomenté ce qui s'était passé; et non content de les blâmer, il les fit enfermer dans la forteresse de Bagdad.
Par le fait du départ des Turcs, Yahyà-Pacha devint un gouverneur absolu; il voulut se mettre en possession de la forteresse de Qourna, dont les braves défenseurs étaient décidés à résister ; ceux-ci l'éloignèrent à coups de canon et informèrent Bagdad de l'incident, en demandant du secours. Désagréablement surpris à cette nouvelle, le vizir Mouctafâ-Pacha envoya une partie des milices de Bagdad, et à leur suite l'agha des troupes indigènes avec ses hommes, les volontaires de l'aile droite et de l'aile gauche, le mirmiran de Djésûn, les émirs de Béyât et de Bâdjilàn avec plusieurs béïraqs ou pelotons de séïmens ; ces troupes s'embarquèrent sur des navires et allèrent secourir Qourna parla voie du ChatjZékiyyé. En de nombreux endroits elles eurentl'occasion de se battre avec les fusiliers bédouins qui fermaient la route ; elles les enfoncèrent et atteignirent la place, oii elles entrèrent. Ce mouvement courageux, cette attaque impétueuseplongèrentYahyâ-Pachadans l'agitation et le désespoir; il se ceignit néanmoins de résolution, et à tète de cinq à dix mille Bédouins de toute provenance, il se mit en route pour tenter un coup de main sur la forteresse. Un matin, il voulut escalader les murs à l'impro-
viste, mais los défeiiseuis des remparts s'aperçurent du sa marche; ceux qui étaient chargés de combattre à l'abri des murailles et les cavaliers turcs qui se tenaient en vedette au dehors se mirent en travers de ces Bédouins et engagèrent le combat avec eux. Pendant trois ou quatre heures la poussière du combat couvrit l'azur du ciel; enfin la victoire se prononça pour la garnison de Qourna. Cinq à six cents Bédouins furent massacrés : on leur coupa les oreilles qui furent envoyées à Bagdad pour servir d'exemple aux tribus nomades révoltées. Dans ce combat sanglant, le mirmiran de Djésàn fut blessé d'un coup de lance dont il mourut.
Quand la Porte connut ces événements^ elle ordonna que le gouvernement de Bassora serait confié au qapoudji-bâchy Mouçtafa-Pacha; son homonyme, le gouverneur de Bagdad, fut, comme il l'avait déjà été, chargé par diplôme impérial des fondions de généralissime, et on lui adjoignit, pourconcourir au châtiment des révoltés, le vizir 'Omar- Pacha, gouverneur de Diarbékir, le vizirTchaouch-Zâdè Mohammed-Pacha, gouverneur de Mossoul, Hasan-Pacha, mirmiran de Ghèhrizor, et 'Ali-Pacha, beylerbcy de Raqqa. Mais comme il n'était pas possible de mener une campagne d'été dans l'Iraq, le généralissime, pensant que l'ennemi, par un moyen quelconque, réussirait à s'emparer de la forteresse de Qourna jusqu'à l'arrivée des vizirs et des troupes qui devaient composer le corps expéditionnaire, résolut de brusquer les événements : il partit de Bagdad avec ce Mouçtafa-Pacha qui venait d'être nommé gouverneur de Bassora et ses troupes, en se faisant suivre des milices indigènes. C'est dans le courant do séfer 1080 (juillet 1669), au moment où le soleil sortait du Lion pour entrer dans la Vierge, qu'il se mit en route pour aller porter secours à la ville menacée. 11 y parvint au bout d'un mois environ. Yahyâ-Pacha, sentant le sol trembler sous ses pas, n'eut pis la force de résister plus longtemps; il s'enfuit par mer dans l'Inde. C'est ainsi que la forteresse do Qourna fui délivrée et resta en la possession des troupes impériales.
Dix jours après ces événements, le gouverneur de Chèhri-zor arriva au camp^ et cinq jours plus tard, celui de Mossoul; le gouverneur militaire de Diarbékir arriva également à 'Ardja et fil annoncer sa venue. Le généralissime renvoya ces troupes et leur remit une lettre de service qui les autorisait à s'en retourner à Bagdad après s'être reposés quelques jours ; puis il quitta Qourna et gagna Bassora, qu'en vertu du firman de la Porte, il remit à son nouveau gouverneur Mouçtafa-Pacha, sans opposition; il lui fournit également les moyens de gouverner la province, puis il reprit sa route et revint à Bagdad en rédjeb de la même année (décembre 1669).
On apprit bientôt après la reddition de Candie, assiégée depuis vingt-cinq ans, à Kieuprulu Ahmed-Pacha, grand-vizir, après un siège qui avait duré sans discontinuer deux ans et demi' : et l'on fit des réjouissances. Noire auteur composa à celte occasion le chronogramme suivant :
^^>o l" ciX^ ^''.S^-- sl*iS^^ ^9j (^A5-l i^\^^ J^^j^ JU J^,4)^__^-
« Les anges, levant l'index en signe de profession de foi islanii- ((ue, tirent entendre jusqu'au trône de Dieu ce chronogramme : Succès d'Ahmed ! » î^=:1081]'. (Mètre Ramai.)
Le dèftèrdârde Bassora, l'agha des milices indigènes et le çâgh-qol-aghâsy qui, ainsi que nous l'avons dit, étaient enfermés dans une prison, furent mis en liberté par l'ordre du gouverneur; mais quelques jours après, il arriva un ordre formel de la Porte, rendu à l'instigation de certains personnages envieux et méchants, qui ordonnait de les mettre à mort; en exécution de cet ordre, ces trois personnes furent de nouveau arrêtées et conduites au champ du supplice.
Le gouvernement ottoman avait jugé trop nombreuses les