GOUVERNEMENT DU VIZIR IIUSÉÏN-PACHA
C'était ua homme à la belle prestance et plein de compassion; on le connaissait sous le nom du silihdd?' llnsein-PaLcha.. Comme il régnait une ancienne inimitié entre le kiaya de l'ancien gouverneur Qara Mouçtafa-Pacha, et 'Adlî Mouçtafa- Efendi, homme de confiance du nouveau, qui était un des secrétaires de son divan et un homme remarquable par son éloquence, les difficultés qui naquirent entre les deux gouverneurs, à propos de la reddition des comptes du mîrl de Bagdad, furent envenimées par les disputes qui éclatèrent entre leurs partisans. Finalement on convint de soumettre à l'avis de la Porte le dissentiment qui les séparait, et Qara Mouçlafa se dirigea, tout fâché, du côté de Bassora, chef-lieu de son nouveau gouvernement. Après quelques jours le vizir Huséïn-Pacha, qui avait la garde de Bagdad, se mit eu route pour Kerbélâ et Nédjef dans le pieux désir d'y visiter les deux mausolées nobles, celui de lluséïn et celui d"Ali, et revint à Bagdad après avoir accompli son pèlerinage.
Cet 'Adiî-Efendi, dont nous venons de parler, tout gonllé qu'il était des faveurs qui lui avaient clé concédées, mais ne s'en trouvant pas satisfait, voulut encore perdre le /r /"«//«, et pour y arriver il se détourna de la voie droite de l'humanité et se ravala au rang des bêtes féroces; la tête tournée par l'orgueil et !e despotisme, il ne craignit pas de briser l'alTeclion des serviteurs de Dieu et fit mettre à mort, sans qu'il y eût faute de leur part, un ou deux de ses collègues, uniquement par envie et par ambition, et en surprenant la religion du gouverneur trop confiant; il en fit battre et écorcher plusieurs autres, et d'autres encore furent exilés. Voici comment il fut puni de celte conduite.
'Adlî s'était fort compromis dans l'artaire du règlement des
comptes du mîri; quand la Porlc eut vent de ces disputes, elle envoya Kliizir-Agha, qapoudji-bâcluj de la cour, en qualité de commissaire absolu pour le maintien de la justice. En vue d'une enquête, le commissaire réunit un conseil de chérifs et de gens connaissant la loi; mais le différend ne put être tranché, et en outre, Khi/.ir-Agha, personnellement blessé par la langue d"Adlî, s'en retourna à Gonstanlinoplc plein de colère et d'agitation. En 1083 (commençant le 29 avril 1672) la maladie s'empara du gouverneur de Bassora, qui en mourut; cette nouvelle causa bien des regrets à Bagdad. 'Adlî fut content de la mort de son adversaire; mais Khizir-Agha, pendant ce temps, avait fait connaître àla Porte, dans sa plainte, les fautes commises par 'Adlî au détriment du gouvernement et prouva, par des arguments solides, qu'il était la principale cause du désordre qui régnait dans les finances, par suite de son inimitié contre Fanciengouverneur. Le sultan, transporté de colère, envoya à Bagdad son second écuyer (mzr-ft/^/^o;-) muni d'un khalt ou rescrit; ce personnage fit emprisonner dans la forteresse cet 'Adlî, avec le rf6'//èr«f«/''Abdullah-Efendi qui s'était laissé tromper par lui, et le fit étrangler. En vertu du testament d"Adlî et des suggestions qu'il avait eu le pouvoir d'exercer, ce fut un de ses séides, nommé Ivvaz-Agha, qui reçut la charge de kiaya.
En celte même année eut lieula prise de Kaminiec sur les Polonais'; la nouvelle en fut cause de réjouissances à Ba"-dad.
En 1084 (décembre 1673) naquit le prince Ahmed qui ré^-na plus lard sous le nom de Sultân-Ahmcd III. Notre auteur composa à celte occasion les vers suivants :