CHAPITRE IX
Suléïmân-Pacha ; fondation du gouvernement des mamlouks.
Suléïmân-Pacha avait commencé sa carrière par être l'esclave mamloiik d'Ahmed-Pacha; il avait été élevé dans sa maison* ; puis son maître l'avait affranchi, et prenant en haute estime ses capacités, il lui avait donné sa fille en mariage, comme nous venons de le voir. Pendant longtemps il remplit les fonctions de kiaija^ avec le grade de 7nirmuân, notamment pendant le siège de Bagdad par les Persans. Le kiaya des gouverneurs des provinces était leur lieutenant et leur représentant dans toutes les affaires civiles et politiques ; il exerçait aussi une sorte d'inspection sur toute leur maison. A Bagdad le kiaya était placé à la tête du pouvoir administratif et était assisté par le dèftèrdâr (directeur des finances) et le divôné fendisi {cheî de la chancellerie)*. Il est aisé d'entrevoir que cette situation, toute de confiance, préparaitla fortune politique de Suléïmân. A la mort de son ancien maître devenu son protecteur, il fut nommé gouverneur de Vcyyâlèt d'Adana. Toutefois, comme depuis son âge le plus tendre il avait habité Bagdad, avait vécu avec les habitants de cette ville et en avait fait sa patrie, il avait toujours conservé le secret espoir d'y revenir et ne souhaitait rien tant que de pouvoir, à la première occasion, goûter de nouveau l'eau du Tigre.
Prenant pour prétexte les réclamations et les plaintes adressées à la Porte par les créanciers, relativement à une somme de deux mille bourses dépensée par Ahmed-Pacha, soit pour les