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"VIL — L’ouvrage que le docteur Planche vient de publier, et qui a valu à son auteur une récompense honorifique, renferme un
(1) Voir la lettre du docteur Rousset au professeur Golfin, sur les affections pat alytodées.
HISTOIRE DES COMMUNES DE L’hÉRAULT.
chapitre très-intéressant sur les caractères physiques et chimiques de cette eau minérale ; nous en avons extrait les passages suivants :
« L’eau de Balaruc est très-limpide ; cependant, lorsqu’elle a séjourné quelque temps dans les bassins pour être refroidie, elle laisse déposer à sa surface une matière très-légère, onctueuse, irisée, qui ressemble aux dépôts qui se forment sur la surface de certaines eaux.
» Sa saveur est légèrement salée, piquante, laissant un arrière-goût légèrement amer, probablement dû à la présence des sels de magnésie, mais qui n’a rien de désagréable au goût. Il y a peu de baigneurs qui se refusent à en boire un ou plusieurs verres le matin à jeun ; ce qui contrarie certains malades, c’est la température. Quelquefois, disent-ils, elle leur reproche. En général, ils la prennent avec facilité sans avoir ni nausées, ni vomissements. Les enfants la boivent trop sans se faire prier.
» La température réelle, normale, de l’eau de Balaruc varie entre 47° 5 et 48° centigrades ; eUe peut être considérée comme à peu près constante.
» M. Béchamp a constaté que la température de cette source ne varie pas sensiblement aux diverses heures de la journée ; elle peut cependant varier dans l’intervalle de plusieurs années, mais pour revenir toujours à 47°.
» L’eau de Balaruc n’est pas mousseuse ; il se dégage incessamment des bulles de gaz qui viennent crever à sa surface et font entendre un espèce de bouillonnement lorsqu’on soulève la dalle qui recouvre le bassin de captage.
» L’eau de Balaruc a toujours attiré l’attention des chimistes ; on a toujours cherché à se rendre compte de l’efficacité quelquefois merveilleuse de cette eau minérale.
» MM. Béchamp et Gautier firent paraître, en 1861 (1), le résultat des analyses qu’üs avaient faites au printemps de 1859 et pendant le courant de l’année 1860. Ils voulurent se rendre compte de la constance des combinaisons chimiques et savoir si la composition de cette eau minérale variait sensiblement dans le courant d’une année. C’est pourquoi la renouvelèrent-ils à la fin de chaque saison , dans l’intervaUe de 12 mois, à la demande du Docteur Crouzet.
(1) Béchamp et Gautier. Montpellier médical, 1861.
Voici les résultats auxquels ils sont arrivés :
Chlorure de sodium 7,0451
— de littrium « 0,0072
— de cuivre 0,0007
— de magnésium 0,8890
Bromure de sodium Traces.
Sulfate de potasse 0,1459
— de chaux 0,9960
Bicarbonate de chaux 0,8350
— de magnésie 0,2167
Nitrates Traces.
Acide silicique 0,0228
— borique 0,0080
Alumisie J
Manganèse ? 0,0011
Acide phosphorique /
Oxide de fer 0,0012
Acide Carbonique 0,0984
Total 10,2671
Azote et oxygène 55"
» Dans quelle catégorie faut-il placer cette eau, et quel est Tordre de son importance? Pour répondre à cette question, je ne saurai mieux faire que d’emprunter les conclusions auxquelles est arrivé l’ancien professeur de chimie de la Faculté de médecine de Montpellier (1).
» D’abord, elle est une eau thermale salée; il n’y a donc pas lieu de la confondre avec les eaux salées froides, dont elle diffère par sa composition et par ses propriétés. Ces eaux sont destinées à remplir d’autres indications que notre eau thermale. En second lieu, l’analyse chimique et l’analyse clinique font de Teau de Balaruc un membre de la famüle à laquelle appartiennent Wiesbaden et Bourbonne-les-Bains.
» L’eau de Balaruc peut se conserver très-longtemps, peut-être indéfiniment, sans rien perdre de ses caractères physiques et chimiques, si eUe est enfermée dans des vases hermétiquement bouchés. M. Rousset en a conservé pendant douze ans sans qu’elle eût subi aucune altération. M. Béchamp a reconnu intactes la saveur, la limpidité, la composition d’une eau de Balaruc conservée en bouteille
(1) M. Béchamp.
HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAÜLT.
depuis trois ans. Cette propriété rare, et qui prouve la fixité des combinaisons chimiques, permet ainsi son exportation au loin,
» La source de l’ancien établissement est inépuisable (1) ; son fuyant verse journellement dans l’étang de Thau cent mètres cubes d’eau minérale , c’est-à-dire cent mille litres. Un jeaugeage lait par M, le docteur Crouzet, en 1859, à la suite des vents du nordouest prolongés sur le ruisseau de fuite , a donné en moyenne 332.640 litres par 24 heures.
» Les conclusions de l’ouvrage du docteur Planche ne sont pas moins digne d’intérêt.
» Par sa minéralisation, l’eau thermale de Balaruc doit être mise au nombre des eaux cA^omrées sadiques. Par sa richesse en principes actifs, on peut la considérer comme une des plus énergiques de cette classe. Elle est magnésienne et cuivreuse.
» Son action physiologique est générale ; elle se fait sentir sur la peau, les muqueuses, le sang, les nerfs. Ses effets varient d’après les moyens balnéothérapiques employés. Elle est prise en boisson, en bains généraux et locaux, en douches, externes et internes, générales et locales ; en boue minérale.
» Les effets thérapeutiques de l’eau thermale de Balaruc varient d’après les doses employées : à petite dose, eUe est tonique et reconstituante. EUe est purgative , stimulante, à dose plus élevée. Elle est enfin résolutive par la suractivité vitale qu’elle fait naitre dans les tissus, et qui se manifeste par une suractivité fonctionnelle dans les organes.
» Elle est employée avec succès contre les paralysies en général, qu’elles soient la conséquence d’une lésion organique des centres nerveux, ou qu’ elles soient sous la dépendance d’une diathèse : rhumatisme, syphilis, ou d’un état morbide : Chlorose, scorbut. Sou usage est encore indiqué dans toutes les maladies des centres nerveux caractérisées parles troubles de l’innervation, tels que l’ataxie locomotrice et l'atrophie musculaire progressive, contre la diathèse scrofuleuse, qu’elle qu’en soit la manifestation. Ces eaux
(1) Béchamp.
BALABUC-LES-BAINS .
peuvent être employées pures ou associées aux eaux mères des salines environnantes.
» De toutes les chlorurées sodiques françaises, ce sont les plus énergiques ; ce sont celles qui peuvent lutter avec le plus d’avantages avec les eaux chlorurées sodiques allemandes ».
VIII. — Les différents propriétaires qui ont dirigé cette source depuis la vente faite par le chapitre cathédral de Maguelone, sont:
1530 . Veuve Astingue Périer, achète la source aux chanoines.
1630. Jacques Périer.
1687. François Périer.
1695. Toinette Périer , veuve de François.
1715. Négry et Etienne Périer.
1744. Jean-Jacques Périer, / . .
T,,. [ coproprietaires.
Etienne Périer, ) ^ ^
1708. Jacques Vichet.
1789. Grégoire Vichet.
1801 . Roudier de la Bruyère .
1834. Boudon dit de la Roquette.
Son fils Emile vendit en janvier 1863.
1863. Fayard, pharmacien à Lyon.
1880 . Compagnie Anonyme.