II. Epoque romaine : Festus Avienus et la ville de Polygium
Historique des découvertes depuis 1579 : Dortoman. Gariel. Astruc. Pouzaire. Creuzé de Lesser. Remis. Pierquin. Renauà de Vilback. Boudon de la Roquette. Fabre de Poussan. Société archéologique de Montpellier. Duponchel. Fayard. L’abbé Bousquet. D’’ Crouzet. Poujade.
III. Epoque romane : Ruines dans l’ile de Saint-Sauveur. Eglise de Notre-Damed’Aix.
IV. Epoque du moyen-aoe. Balaruc-le-Vieux : Remparts. Château. Tour. Eglise. Constructions civiles des xv“ et xvi* siècles.
La commune de Balaruc-les-Bains offre un très grand intérêt pour l’archéologue : toutes les époques y sont représentées, fait très rare et peut-être unique, en ce qui regarde du moins les communes de notre département (1).
I. — M. Meunier a publié sur le préhistorique de la commune de Balaruc-les-Bains le document suivant :
« Je passerai rapidement en signalant sur la carte le Pioch de » Roumanis (montagne des romarins) et ses deux contreforts au » nord et au nord-est, dont les plateaux ont été, le premier, solide- » ment fortifié; j’y ai trouvé de nombreuses poteries, des silex et un » beau peson.
» Au dessous et à l’est, le premier contrefort porte à son sommet » une double enceinte circulaire de Lauzes dressées : la plus grande » enceinte a 60 mètres de diamètre ; la plus petite , qui est au » centre, a environ 10 mètres; j’y ai trouvé des poteries et des » silex ainsi que sur le deuxième plateau, au nord, où l’enceinte est » moins bien conservée.
■Si En descendant vers l’étang de Tbau, nous rencontrerons au- » dessus de la route et du réservoir d’eau de la ville de Cette, une » forte dalle de calcaire lacustre, appuyée en forme de table sur un
(1) Nous n’indiquons pas en notes les sources où nous avons puisé les documents que nous publions; la date et les noms des auteurs permettront de retrouver l’ouvrage dans la bibliographie, chapitre XV.
HISTOIRE DES COMMUNES I)E l’hÉRAULT,
> bloc oxfordion ; le lacustre expire à 500 mètres en aval, avec » une différence de près do 5 mètres, ce qui constitue un fait si » anormal, dans le lieu et la position de cette pierre, que, malgré » que mes fouilles y soient restées stériles, j’incline à y voir un autel.
» Arrivons au bord de l’étang; jetons un coup d’œil sur Vile » Saint- Sauveur, où sous un sol romain de plus de 50 centimètres, » mes fouilles ont trouvé les poteries noires de la Magdeleine et un » ornement de poterie en bronze ; des recherches plus sérieuses y » mettraient peut-être à nu une station lacustre analogue à celles de
> la Suisse » .
IL — La légende a conservé le souvenir d’une ville qui aurait été engloutie, et dont l’emplacement se trouvait au müieu de l’étang de Thau.
A cet appui , un historien latin , Festus Avienus , qui vivait vers la fin du IV® siècle de notre ère, donne le nom de PoLygium à une vüle géographique située dans cette région.
Nous avons cherché à établir, dans l’histoire de Mèze, l’existence d’un château-fort dans l’étang de Thau , à 100 mètres environ de l’église des Pénitents, et les témoignages que nous avons recueillis ne laissent, à notre avis, aucun doute à cet égard. A Balaruc, nous retrouvons de nouveau des substructions sous-marines, que l’étang a recouvertes à une époque relativement peu éloignée.
M. le Crouzet, pendant l’hiver de 1859, un jour que le vent du nord soufflait avec une grande violence et rejetait l’eau de l’étang vers le canal du port de Cette et les trois graus, a observé entre le canal de fuite de la source, à l’ouest et à l’extrémité de la presqu’île (le Moure), des murailles détruites qui s’avancaient bien avant dans l’étang ; ü vit aussi en cet endroit des tombeaux dans la direction de la pointe Saint-Joseph de la presqu’île de Cette.
Le rocher de Roquerol, qui est un point de repère entre la pointe de ces deux presqu’îles, est désigné par la légende comme l’endroit présumé de l’ancienne ville ; des pêcheurs nous ont affirmé qu’il existe autour du roc des débris de murs.
Nous avons tenu à jeter un jour nouveau sur la ville de Polygium dont parle Avienus. La légende et les découvertes d’antiquités semblent indiquer son emplacement en cet endroit.
Depuis un siècle, des découvertes successives sont venues affirmer l’importance de Balaruc-les-Bains sous les Romains; tous les auteurs qui ont écrit sur ce lieu nous fournissent de précieuses indications ; et il est à regretter que tous les objets qui ont
BAL A.RUC-LES-BAINS
été recueillis n’aient pas été conservés ; en attendant que d’autres fouilles puissent apporter de nouveaux documents , il importe de faire l’bistorique de ces découvertes.
En 1579 , Dortoman , dans son ouvrage écrit en latin , publia une gravure à laquelle nous ferons plusieurs emprunts ; l’intérêt qu’elle présente nous a engagé à la reproduire en fac-similé.
En 1665, Gariel mentionne deux inscriptions : la première, qui est parvenue jusqu’à nous, olfre un grand intérêt.
On voit enchâssé au-dessus d’une porte, près de l’église de Notre- Dame-des-Eaux, un fragment d’inscription :