‹ Histoire de Balaruc-les-BainsChapitre 4 sur 39 · SCIENCES NATURELLES · texte numérisé non relu

SCIENCES NATURELLES

1“ Géologie.

Balaruc, si connu par ses sources thermales, est ix»rté sur un prolongement très-aminci du massif jurassique appelé Gardiole ; cet extrême appendice, qui plonge dans l’étang de Tliau, réunit, malgré son étroitesse, toutes les natures du sol qui entrent dans la composition des terres continentales ambiantes.

Le calcaire jurassique y forme un îlot enveloppé de toutes parts de terrains plus jeunes, avec lesquels il contraste visiblement par toute sorte d’aspects ; la nature de la roche, sa résistance aux agents atmosphériques d’une part, et aux travaux de la culture d’autre part, en mettent en saillie la surface aride au milieu des sols cultivés et déprimés qui l’enceignent. La roche y est à nu, grise, reflétant vivement les ardeurs du soleil durant la saison chaude ; elle est le prolongement S. -O. du relief de même nature qui se retrouve un peu à l’Est et se continue jusque vers Saint-Jean de Yédas, où elle disparaît à nouveau : ce relief n’est ainsi lui-même qu’un îlot aux dimensions plus considérables , environné de tous côtés de formations plus récentes ; il se prolonge souterrainement pour ne faire qu’un avec le grand relief de Montbazin et de Cournonterral, et nous présente ainsi les traits du relief de la région, alors qu’un grand lac d’abord, et puis la mer, vinrent successivement en dessiner les bords et en combler les dépressions ; au N. -O. de Balaruc, la roche porte l’empreinte des perforations qu’y ont pratiquées les mollusques lithophages que nourissaient ces eaux salées.

Le relief minuscule de la presqu’île de Balaruc, formé par un morceau de cette l’oche jurassique, présente sur une partie de sa longueur une solution de continuité allongée du S.-O. au N.-E., se traduisant par une dépression étroite, profonde, et résultant d’une fracture, genre d’accident accompagnant ordinairement un surgissement d’eaux thermales ; on comprend que, à la suite do mouvements dans l’intérieur du globe, des cassures se produisent, qui font apparaître au jour des eaux profondes, et que la température de ces eaux soit naturelle-^

BAIARUC-LES-BAINS.

ment en proportion de la profondeur d’où elles proviennent; la tliermalité de ces eaux pourrait encore <5tre attribuée à la circonstance que cette portion méridionale de l’Hérault présente des vestiges nombreux de phénomènes volcaniques : Agde, Saint-Thibéry, si remarquables par les traces d’éruptions basaltiques, ne sont pas loin ; on peut penser que le foyer volcanique, dont on ne saurait récuser l’existence, peut entretenir un degré insolite de chaleur dans des eaux circulant dans l’épaisseur des couches de la contrée, et qu’une moindi'e profondeur que celle qui est exigée par une thermalité élevée, a pu, dans ces conditions, suffire pour échaulîer considérablement des eaux qu’une fracture a mises ù jour.

Nous renvojmns aux traités spéciaux ce qui concerne le degré de thermalité et la composition des eaux de la commune de Balaruc ; nous nous bornerons à faire connaitre les divers matériaux qui en forment le sol.

C’est la mollasse ou le calcaire moellon, souvent rencontré par nous dans les communes déjà décrites, qui enveloppe dans sa plus grande partie l’ilot jurassique. C’est ici, comme partout, un terrain formé de marnes et de portions calcareuses dui’es, généralement chargées de coquilles ; une particularité intéressante de cette région, c’est la grande quantité de débris de crabes qu’on y rencontre. Au S. de l’établissement, dans la partie déprimée, on rencontre une surface restreinte, composée d’un calcaire très-différent du calcaire moellon, que ses caractères font immédiatement reconnaître pour s’être formé dans l’eau douce, et qui correspond au terme de la série géologique de l’Hérault désigné par nous sous le nom de calcaire lacustre intercalé ; veux dire que, durant le dépôt des marnes et du calcaire moellon, il a surgi des sources qui ont déposé des sédiments calcaires sur de vastes surfaces, lesquels sédiments, recouvrant les marnes préalablement déposées, ont été enveloppés par des marnes plus récentes, formant ainsi un dépôt contemporain et mixte d’eaux douces et d’eaux salées; à Balaruc, ce calcaire ne se montre que sur un point très-resserré ; il se dérobe bientôt aux regards, carché sous des formations plus jeunes, et ressort et se développe dans la région de Frontignan.

La culture autour de Balaruc, maigre à cause du sol et des influences atmosphériques souvent contraires sur cette portion maritime de notre continent, décèle aux yeux l’étendue géographique de la mollasse et aussi les surfaces occupées par les sables rappelant ceux qui forment le sol de Montpellier, et par une formation détritique très-intéressante que j’ai depuis très-peu de temps détachée

HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAULT

des sables de Montpellier, et que je considère comme un dépèt blocailleux durant lequel des marnes ont pu se déposer et se concréter sous forme de marnolites concrétionnées, le tout coloré souvent par l’oxide de fer qui rougit le sol et imprime ii certaines portions une physionomie toute spéciale. Cette formation porte le village de Balaruc-les-Bains ; on peut très-bien l’étudier sous les maisons du village; elle n’est là qu’un prolongement, elle aussi, d’une formation de même nature, mais plus étendue, qui se développe à Bouzigues et sur le littoral vers Mèze, Je la considère comme le dépôt qui a précédé immédiatement dans notre pays les phénomènes aqueux ou glaciaires qui ont formé notre Crau, dont j’ai déjà parlé dans d’autres monographies.

On voit que les formations de Balaruc ne remontent pas à des temps géologiques très-éloignés. On n’y retrouve aucun vestige de roche cristalline, et l’agent volcanique n’y a laissé aucun produit solide : son influence, je l’ai dit, se serait produite à distance et se décélérait par la thermalité des eaux de la source.

Paul de Rouville.

2® Flore.

La flore de cette commune peut se diviser en deux régions bien distinctes, savoir : la région de l’olivier, et celle des étangs et terrains salés. Le botaniste peut récolter, dans les eaux de l’étang de Thau qui borde le territoire de cette commune au Sud et à l’Ouest sur une longueur de plus de cinq kilomètres, les deux Zostera marina L. et Z. nana Roth, en patois, Aouba-dé-mar ou Moussa- dé-Mar, dont les détritus, chassés par les vagues de l’étang, s’amoncellent aux bords et servent d’engrais pour les cultures. Aux bords de l'étang, près les bains de Balaruc, on peut récolter : Statice Limonium L. S. Virgata Willd ; un Héliotrope, Héliotropium curassavicum L, plante originaire d’Amérique, aujourd’hui complètement naturalisée à Palavas, Cette et Balaruc ; l’Arroche à feuilles grasses, Atriplex crassifolia C. A. Mey, plante rare, l’Arroche halime, Atriplex halimus L, qu’on cultive en haies vives ; Tamarix de France, Tamarix Gallica L ; au pied de ces Tamarix croit une petite plante que le botaniste est bien aise de rencontrer, Hutchinsia procumbens L, plante assez rare.

Dans les garrigues qui s’élèvent jusqu’au pied de la montagne de la Gardiole, on trouve presque toutes les plantes de la l'égion méri-

BAL ARUC-LES-B AINS

dionale, telles que : le Camélée à trois coques, Cneorum tricoccum L, la Langue de chien, Cynoglossum clieirifolium L, le chêne Kermès , Quereus coccifera L , Garoulia ; le Romarin , Rosmarinus officinalis L, Roumanis ; le Prunellier épineux. Prunus spinosa L, Agrunélié ; Phillyrea angustifolia L, Alader ; Asphodelus cerasifer Gay, ; le Génet épineux, Genista scorpius DC, Arjalas ;

Lactuca perennis L, lou Bréou; les Aristoloches, Aristolochia rotundaL, et A. Pistolochia L, Fâouternas ; les Rues, Ruta angustifolia Pers et R. montana Lœtl, Ruda ; Phlomis lychnitis L, Saouvia- Saouvaja ; Picridium vulgare Desf. , Terra-grépia , très-bonne salade, Brachypodium ramosum RS, Baouea ; cette graminée est en quelque sorte la seule plante que les moutons trouvent à manger dans nos garrigues et nos bois, surtout en hiver ; les Ægilops ovata L, triaristata Willd et triuncialis L, sont communs le long des chemins et des champs, et sont connus dans le pays sous le nom à'Espangassat ; Muscari neglectum Guss, Cougûou-, les Euphorbes, Euphoi'bia serrata L ; E. Characias L; ce dernier est appelé par les gens de la campagne Jinuscla.

Une station non moins intéressante pour la flore de Balaruc est le long des cours d’eau, surtout celui de la rivière de J^avène, grossie par la fameuse source de l’Issanka; les plantes aquatUes y abondent ; on y rencontre la Renoncule aquatique, Ranunculus aquatilis L ; les Callitriche stagnalis scop. et C. platycai’pa Kutz ; la Salicaire, Lythrum salicaria L ; la Berle, Sium angustifolium L, la consoude, Symphytum offlcinale L ; Samolus Valerandi L, le Lysimaque, Lysimachia vulgaris L ; le Laiche serré, Carex stricta good ; le Narcisse à bouquets, Narcissus Tazetta L ; La Massette, Typha angustifolia L ; le Rubanier, Sparganium ramosum Huds,

Dans les terrains cultivés ou sur les bords des haies et des chemins, on trouve beaucoup de plantes de la région de l’olivier, telles que : Silene italica Pers, un Œillet, Dianthus longicaulis Ten., le Lin serré, Linum strictum L ; le Millepertuis ; Hypericum perforatum L, Trescalanjâouné ; le Chèvrefeuille, Lonicera implexa Ait, Pantacousta ; Lycium barbarum L, Arnioés-blane ; Erodium ciconium Willd, Aguyétas, etc. Barrandon.

Nord

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