‹ Histoire de Balaruc-les-BainsChapitre 5 sur 39 · ANNALES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

ANNALES HISTORIQUES

Origine .

I. Origine. — II. Anciennes dénominations. — III. Etymologie. — IV. Château de Balaruc-le-Vieux. — V. Remparts. Portes. Fossés.

I. — Les documents historiques que nous possédons sur Balarucles-Bains, à l’époque des Romains, ne proviennent que des découvertes archéologiques ; les auteurs anciens ne mentionnent pas l’existence de ce lieu.

Une inscription, des caractères relevés sur des tuyaux en plomb et des médailles, permettent d’affirmer l’existence des thermes 60 ans avant notre ère.

Un grand nombre de mosaïques, le buste d’une statue en marbre blanc et les anciens thermes, enfouis sous le sol, sont des documents qui appartiennent plutôt à l’archéologie qu’à l’histoire (1).

Une légende populaire indique qu’une ville existait dans l’étang de Thau, et qu’à la suite d’un tremblement de terre eUe fut enfouie sous les eaux.

Nous avons constaté à Mèze les causes qui avaient détruit un château ou une tour qui s’élevait sur un petit promontoire ou dans une île située près de l’église actuelle des Pénitents ; pour Balarucles-Bains, les mêmes causes ou une dépression du sol doivent avoir amené l’abandon des thermes et de la ville romaine.

M. l’abbé Bousquet (2) croit que c’est cette vüle antique et traditionnelle qui a disparu sous les eaux et dont l’histoire ne nous a pas même conservé le nom, « ce qui est clairement prouvé par les restes » de constructions , débris de toutes sortes de poteries romaines , » fragments d’anciennes mosaïques, tombeaux, etc., qui ont été » découverts à différentes époques, aux environs de la source, sur » tout le parcours de la rive de l’étang qui fait face à la montagne » de Cette, et même sous les eaux, à dix ou douze mètres du rivage * de l’étang.

(1) Voir l’archéologie

(2) Notice et précis historique sur Balaruc-les-Bains et ses sources thermales.

HISTOIRE DES COMMUNES DE L’hÉRAULT,

» Toutes ces découvertes, en naettant à jour les grands travaux que » les Romains avaient exécutés pour conduire les eaux dTssanka à » Balaruc-les-Bains ; les beaux marbres employés i>our laconstruc- » tion de la piscine, tout cela nous dit assez la haute imporiance de » cet ancien établissement thermal, et nous fait présumer qu’un » grand centre de population dut nécessairement se former autour » et aux environs ».

M. Germain, dans son Etude sur Les privilèges et franchises de Balaruc (1), s’exprime ainsi :

« Ce centre d’habitations aujourd’hui préféré (2) n’a cependant » pas constamment joui de cet avantage. Sur un monticule qui le » domine s’en élève un autre (3), actuellement un peu délaissé, maÎK » autrefois de majeure importance. A une époque où la \ie était si » périlleuse en dehors des villes, il présentait une enceinte des mieux » défendues : chose indispensable quand le cap de Cette n’avait au- » cune fortification pour protéger les terres de ce côté du rivage de » la Méditerranée. La nature et l’art abritaient de concert ce haut » Balaruc contre les entreprises, soit des pirates, soit des seigneurs . » rivaux, soit des bandes d’aventuriers en quête de butin féodal. » C’était le vrai castrum féodal ; il avait, outre sa ceinture de mu- » railles, son château fort, son église paroissiale, et sinon sa com- » mune, du moins sa communauté s’administrait par elle-même, » sous la suzeraineté des évêques de Maguelone ».

II. — Le nom de Balaruc n’a pas été défiguré dans les manuscrits, comme pour le plus grand nombre des localités du Languedoc ; sauf quelques changements de lettres, ü a toujours conservé la même désignation : au x“ siècle on écrivait Balaruq (4), au xn®, Balasuc (5), Bazaluch (6) et Baladue (7) ; pendant le xvr® siècle, on trouve une seule fois ValLaruc (8), au xvuc, Balaruc et Ballarue{9) ; depuis lors, l’orthographe qui a prévalu est celle actuelle : Balaruc.

(1) Mémoires de la société archéologique de Montpellier. Vol. 1860-1S69.

(2) Balaruc-les-Bains.

(3) Balaruc-le-Truc, ainsi surnommé du mot languedocien de la localité, qui signifie tertre, colline, élévation. (Note de M. Germain).

(4) 961. Testament de Raymond Pons, comte de Toulouse.

(5) 1120. Histoire de Languedoc, t. II, p. 414 et 1146, 457 pr.

(6) 1130. Gartulaire de Saint-Chuilhem-le-désert, 77 v».

(7) 1163. Livre noir, 33 v».

(8) 1528. Fouillé.

(9) 1625. id.

1649. id.

1688, Lettres du grand sceau.

Il est à remarquer que les lieux voisins de Mèze prononcent Baladuc; le R disparaît presque dans tous les mots romans ; U est remplacé par le D,

III. — L’étjmologie de Balaruc dériverait, d’après plusieurs écrivains, de Boyl chaud, Ra, ruisseau, à cause des eaux qui forment un ruisseau fumant, ou bien de RaZ et Re/, provenant des anciennes inscriptions de Jupiter et Junon (l);on trouve encore RaïZa, baiUer, livrer; BâX^w, jeter, mettre; Alada, air de feu ; Adea, chaleur (2).

IV. — Le château était la propriété des évêques de Montpellier; les réunions du conseil politique et des assemblées générales avaient lieu dans une salle du château, ce qui résulte des délibérations de Balaruc pendant les 17® et 18® siècles.

Les évêques de Montpellier laissèrent cet édiflce sans réparer, et il tomba peu â peu en ruines. Vendu comme bien national à la Révolution, les quelques appartements logeables furent mis à la portée de ses nouveaux habitants. Il ne reste aujourd’hui que quelques pans de murs qui permettent de reconnaitre son emplacement.

V. — Il est question des remparts dans plusieurs délibérations; ce qu’ü en reste est le meilleur indice de leur existence.

Pendant le 17® siècle, plusieurs habitants ayant voulu faire des ouvertures dans les murs de la ville, en sont empêchés par les consuls; mais ayant soumis au Conseil général : « Que Izaac Courtier et Louis » Teissier, habitants, ont leurs maisons qui voisinent les murailles » du lieu appartenant à la communauté se seraient ingérés de faire « ouvertures à la dite muraille sans aucune permission, ce qui ne » peut être souffert, les consuls ont fait assigner les sus-dits devant » MM. les officiers ordinaires de la temporalité du seigneur évêque » de Montpellier, qu’ils aient à remettre les ouvertures en l’état; ils » ont offert de payer pour le privilège de ces ouvertures ».

Le Conseil fixe à 25 livres la somme à payer, et en cas que la muraille vienne à se démolir, Courtier et Teissier s’obligent à la relever à leurs comptes et dépens.

En 1704, les murs d’une partie de l’enceinte étant en très mauvais état, les habitants, convoqués pour autoriser la dépense à faü*e, ne se rendent pas à l’assemblée sous le prétexte que l’on y avait dé-

(1) Histoire de Montpellier, par Garonne, p. 80. Annuaire de l’Hérault, par E. Thomas. 1864, p. 57.

(2) Bulletin de la Société archéologique de Montpellier.

HISTOIRE DES COMMUNES DE D’hÉRAULT,

pensé l’année précédente une somme de 115 üvres et qu’il était inutile de faire de nouvelles dépenses pour des murs en si mauvais état.

Il y avait deux portes pour entrer dans le lieu de Balaruc ; La porte de ville et celle du port.

En 1767, la barbacane de la première étant en mauvais état, un ordre de l’intendant du 9 a\TÜ 1767 invite les habitants à la mettre en état, ce qui n’a pas été fait, malgré l’ordre qu’il en avait déjà donné le 14 juin 1765 et le 2 septembre 1766.

Il paraît que l’ordre de l’intendant ne fut point écouté, puisque en 1776 il est dit dans une délibération que la barbacane a croulé depuis 11 ans.

Il est question d’une barbacane à la porte de Balaruc-les-Bains, à laquelle on fait quelques réparations.

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