‹ Histoire de Bèarn et Navarre 1517 à 1572Chapitre 100 sur 169 · Claude de Thiboville · texte numérisé non relu

Claude de Thiboville

2 . Mussidan, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Ribérac (Dordogne).

3. Pontacq, chef-lieu de canton de l’arrondissement do Pau ( Basse s-Py rénées) .

avec lesdites compagnies, pour m’aller joindre avec vous à Arudi 1 , mais seroit besoin que m’en advertissiez de bonne heure et j’ensuivray vostre volonté, pour nous aider de ce que nous avons, attendant la venue du dit sieur de Tarride. Monsieur de Peire s’en est allé du costé du Vicvieil pour amasser tout ce qu’il pourra, et je luy despèche à l’heure présente pour le faire marcher avec sa troupe droit à nous. Quand à Monsieur de Gramont, je viens d’estre adverty asture mesme qu’il se retire à Hagetmau et à grand peine • qu’il se mesle de cette guerre. Monsieur le baron de Larboust est avec luy pour l’engarder tant qu’il peut, jusques à asseurer qu’il s’asseure que Monsieur de Gramont ne prendra jamais les armes contre le service du Roy, jusques en donner les démenties. Je vous prie de faire marcher avec vous les valées d’Aspe et de Barétous.

[Je praticque tant que je puis sur vostre parole.] Si vous escrivez à Peirot de Pey 2 à Nay, ce seroit bien fait, et vous prie m’advertir de vostre délibération. Vous adviserez si vous devez faire rompre un arche du pont d’Oloron de deçà pour la seureté de la ville et me semble que l’artillerie n’y pourroit aller.

De Saint-Pée, 21 april 1569. [Vostre meilleur voisin prest à vous faire service. A. de Sainte-Colomme.] » Pareillement Gramont, qui avoit tousjours asseuré Arros d’employer sa personne et ses biens pour la

1. Arudy, chef- lieu de canton de l’arrondissement d’Oloron (Basses-Pyrénées) .

2. Peyrot de Pey figure souvent dans les registres des notaires de Nay; en 1558 il était sous-fermier de la bailie de cette ville (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1732, f°* 100 et 276). En 1538, il possédait quatre maisons à Nay et un domaine rural (môme dépôt,

défence du pais, et mesmes avoit retiré dedans Navarrenx, une bonne partie de ses plus prétieux meubles prétendant, ainsi qu’il disoit, d’y retirer sa famille à la nécessité, changeant lors d’opinion, fît raporter ses dits meubles à Vidache, où il se retira, prenant excuse sur l’infidélité des Béarnois et le peu de forces qui demeuroient avec le lieutenant général, car déjà la plus part des soldats avoient quitté les enseignes et estoient joints aux ennemis; et le desbordement de leur infidélité estoit si grand, que ceux qui ne pouvoient se desrober le jour par la porte, se jettoient la nuict par la muraille estans en sentinelle. [Et la noblesse et les soldats ne se révoltèrent pas seulement, mais aussi tout] le menu peuple, ou fort peu exceptés, de tous ceux qui fesoient profession de la religion [romaine 1 ] print aussi les armes pour l’ennemi; et ceux qui, pour l’imbécilité du sexe, aage ou indisposition du cors, ne les pouvoient porter, donnoient signes certains de la joye qu’ils avoient de ce changement [de seigneur, et les capitaines Béarnois de la protection, qui avoient jà receu secrètement la commission de lever des compagnies sur le pais, n’eurent pas grande peine de les dresser, car les soldats les vindrent volontairement trouver et la plus part armez des armes de la Roine que le lieutenant général leur avoit fait bailler du magazin de Navarrenx.]

Esgarrebaque relasché et Gramont retiré, Àrros fit un tour jusques à Pau pour entendre l’estât des affaires de ce quartier, où les révoltes commençoient aussi bien qu’ailleurs, et la guerre ouverte y commença.

i. Variante : catholique

Le 3 d’avril les compagnies des capitaines Gohas, Lisos 1 , Baudian*, Vielle-Pinte 3 , Bégole 4 , Vielle-Nave 5 , Aurout 0 , Sainte-Vit 7 et Angosse 8 arrifèrent à Pontac. Le temple estoit assés fort pour la main, et Abbadie, gendarme de la compagnie deGernac 9 , y commandoit à ceux de la religion [romaine 10 ] qui, ayans mis dehors tous ceux de la réformée, avoient promis de le garder fidèlement, mais ils le rendirent l’endemain sans avoir

jamais tiré une seule harquebusade. [Les maisons de ceux de la religion réformée, qui s estaient retirez où • ils avoient peu, furent pillées et toutes cruautés exercées à l’encontre des personnes qui furent apréhen-

1. Sans doute le seigneur de Lizos, canton de Pouyastruc, arrondissement de Tarbes {Hautes-Pyrénées). En 1495, cette seigneurie appartenait à Marguerite Dufour, mariée à Pierre do Forges (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 385).

2. Le seigneur de Baudéan, canton de Campan, arrondissement de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

3. Jean, seigneur de Viellepinte ; il avait un fils nommé Arnaud; tous deux en 1568, à Rabastens, vendirent la seigneurie de Viellepinte (Arch. des Basses-Pyrénées, B. 2153, f°* 91 et 191).

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