Gabriel de Mauben, seigneur du Laur (Arch. des Basses
Pyrénées, E. 1783, f 8 158).
ment de toutes choses passées sous le tombeau d’oubliance. Cela fut un grand bien au païs, qui en peu d’années se remit des pertes et despenses passées.
J’ay escrit ces troubles et guerres de Béarn un peu au long, d’autant que tous ceux qui ont escrit l’histoire de ce tems en ont fait mention, mais fort briefvement et quasi tout au rebours de la vérité ; les uns par malice, les autres pour n’avoir eu des instructions suffisentes et bien certaines ; mais j’ay esté présent à tout et employé aux affaires et négociations plus importantes, et fus fait prisonnier par ceux de la protection.
La Navarre demeuroit encor en quelque trouble et l’effroy du peuple y estoit fort grand, qui craignoit d’estre recerché et puni par la justice, quand la Roine manda à Arros d’y aller tenir les Estas et y faire publier pareille rémission que celle de Béarn, et y restablir la justice au mesmes estât qu’elle estoit auparavant 'des guerres, et de mettre la religion [romaine 1 ] dehors et y restablir la * réformée. Le peuple receut volontiers et avec grandes louanges et remerciemens les deux premiers, mais l’abolition de la religion romaine lui fut fort griefve ; néantmoins la crainte de revenir aux misères passées leur imposa tellement silence qu’ils ne firent nulle résistence. Cinq ministres y furent envoyez pour y prescher en langage du pais, et le Nouveau Testament fut imprimé en la mesme langue . 3