Amaury Bouchard, chancelier de Foix et Béarn
2. Il existe aux Arch. des Basses-Pyrénées (E. 582) une déposi-
escrit au cardinal de Lorraine tout ce qui s’estoit passé auprès dudit Roy, sonmaistre, lequel cependant avoit esté conseillé en toutes ces choses plus par ledit chancelier que par autre. Cest avertissement remit en espérance les Guises de pouvoir obtenir avec le tems ce qu’ils demandoient du roy de Navarre ; et pour ce que la Royne mère leur estoit moins suspecte, ils moyenèrent qu’elle envoyast le sieur de Crussol en Gascogne, qui fut expressément choisy d’autant qu’il estoit fort favori de la Royne et suspect d’adhérer à la religion 1 réformée, de laquelle il fit quelque tems après [publique] profession. Et le Roy y envoya le cardinal de Bourbon, frère du roy de Navarre et du prince de Condé. Tous deux esbranlèrent si fort les deux frères (jue le roy Antoine fit publiquement chanter la messe à Nérac et y alla luy-mesmes et y mena son fils le prince de Navarre. Cest acte donna occasion aux députez de l’une et de l’autre religion qui, quasi de tous les quartiers de France, estoient auprès dudit Roy de craindre qu’il estoit en délibération de les quitter du tout ; mais il les asseuroit tous les jours du contraire et à toutes heures leur faisoit nouvelles promesses, mais l’inconstance de son langage et le changement de sa contenance mettoit au jour le trouble qu’il nourrissoit en son esprit. Son frère le cardinal et Crussol ne l’abandonnoient jamais et le tenoient tellement assiégé qu’il n’avoit moyen de parler en privé auxdits députez. Ils lui fesoient beaucoup de promesses de la part du Roy
tion faite par Gilles Trion, dit Pierre Ménard, devant Fournel Pourret, commissaire, au sujet d’un complot des protestants qui voulaient s’emparer de Lyon.