‹ Histoire de Bèarn et Navarre 1517 à 1572Chapitre 61 sur 169 · Par Théodore de Bèze · texte numérisé non relu

Par Théodore de Bèze

2. Lancelot Voisin de La Popeünière, historien protestant, né vers 1540, mort en 1608.

dévoient avoir fait, remit tout l’intérest qu’elle pouvoit avoir en ceste faute aux délinquans 1 .

Après cela elle s’achemina en France pour trouver le Roy, son mari , qui [lors favorisoit] la religion 2 reformée et fut cause du colloque de Poissi entre les ministres et les évesques et de l’édit de janvier qui permettoit à tous les françois d’avoir exercice de la religion réformée en tous lieux pourveu que les prédications se fissent dehors les villes. Mais ce Prince estoit tellement commandé par son inconstance naturelle , ambition , voluptez , lubricité/ et fiateries qui (tout ainsi que le caméléon reçoit toutes les couleurs des choses sur lesquelles il est posé) n’ayant autre conception, jugement ni volonté que celles que l’ambition, la lubricité et la flaterie lui mettoient en teste ou plus tôt luy commandoient, changeoit plus souvent de délibérations que d’habillemens, ne demeura guère long tems en volonté de favorir la dite religion, mais se banda contre elle avec le mareschal Saint-André, les Guises et le connestable, qui, en toutes autres choses ennemis capitals, s’accordèrent en ce seul point [de chasser cette] religion [réformée de] France 3 .

[De ce discordant accord prinrent leur commencemen t tous les grands maux qui tourmentent encor aujourdhuy

1. Variante: Tost après, l’an 1561 au moys de décembre, laRoine, femme dudit roi Antoine, laquelle avoit tousjours abhorré la religion prétendue réformée ei de tout son pouvoir reculé son mari d’icelle, contre l’opinion de plusieurs ses serviteurs, se déclara ouvertement de ceste religion, estant lors à Pau en Béarn où elle fist confession de foy selon les formes qui avaient esté prescriptes par quelques ministres qui estoient à sa suitte.

2. Variante : presta aussi/ faveur à la dite religion prétendue.

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