‹ Histoire de Bèarn et Navarre 1517 à 1572Chapitre 74 sur 169 · ün a ajouté : donq · texte numérisé non relu

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2. La vicomté de Soûle est comprise dans l’arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées).

firent le mesme jour Tardés 1 2 , ministre d’Ostabarès *, qui fut conduit prisonnier en la maison de Luxe 3 .

La Roy ne, advertie de ces remuemens, envoya en Navarre Roques 4 et Bergara 5 , ses maistres d’hostel, avec Jean d’Echart, procureur général en Béarn, pour parler aux principaux chef et descouvrir leur intention et retirer le peuple d’avec iceux et l’asseurer que quelques choses que présuposassent ceux qui les vouloient distraire de son obéissanse, qu’elle n’estoit jamais entrée en volonté de leur oster l’exercice de leur religion [romaine attendant que Dieu par son Saint-Esprit leur eut fait connoistre la pureté de la réformée, qu’elle tenoit du tout conforme à la doctrine de l’Évangile] moins encores avoit-elle pensé de changer ou altérer en aucune manière leurs fors, privilèges et libériez, ains les vouloit entretenir en iceux, tout ainsi qu’avoient fait les Roys , ses prédécesseurs. Echart, qui estoit de la nation et de la langue, parla à

1. Le nom de ce ministre estTardets, il résidait à Ostabat, can-

ton d’Iholdy, arrondissement de Mauléon. Il mourut en septembre 1578 (Arch. des Basses-Pyrénées, B. 2368, f° 319). Il ne faut pas le confondre avec Sans de Tartas, autre ministre du pays basque, à la même époque. , ,

2. Le pays d’Ostabaret est compris, sauf une commune (Pagolle), dans le canton d’Iholdy, arrondissement de Mauléon.

3. Le château de Luxe, commune do ce nom, canton de Saint- Palais, arrondissement de Mauléon. Cet édifice est détruit.

4. Jean Secondât, seigneur de Roque, maître ordinaire de l’hôtel de la reine de Navarre, président de la Chambre des Comptes de Nérac. C’est lui qui, selon l’usage, rompit son bâton de maître d’hôtol à Vendôme le 2 juillet 1572 devant le cercueil de Jeanne d’Albret (Arch. des Basses-Pyrénées, B. 35; E. 1998, 2002). Jean Secondât est un des ancêtres de Montesquieu.

5. Pierre de Bergara, gouverneur du comté de L’isle-en- Jourdain, en 1564 (Arch. des Basses-Pyrénées, B. 1584, ^ 53).

Luxe et à quelques autres, ce qu’il ne peut faire à Damazan, pour ce qu’il estoit allé en Gascogne communiquer à Monluc, lieutenant de Roy en Guienne en abscence du prince de Navarre, leur entreprise et les moyens qu’ils avoient de faire la guerre. Le peuple print du commencement ces [remonstrances l ] en bonne part et s’en resjouit, et quantequant députa quelques uns des principaux de leur cors pour aller remercier Sa Majesté, qui leur confirma tout ce que leur avoit esté dit par son procureur et leur promit que si le pais en général ou quelques particuliers lui fesoient apparoistre d’avoir receu quelques grief d’elle ou d’aucun de ses officiers, de leur y réparer et les contenter. Tout le peuple par deux diverses fois promit et jura solennellement de demeurer bons et fidelles sujets, sans rien attenter contre l’obéissance qu’ils lui dévoient, quelque chose qu’on leur sceut dire à l’avenir. Et pour ce qu’au pays se commettoient plusieurs excès et maléfices et la justice n’y estoit si droitement administrée qu’il eut esté besoin, d’autant que ceux qui dévoient poursuivre, captionner ou juger les criminels , leur ser voient d’advertisseurs , recélateurs, advocats et soliciteurs, ils supplièrent la Roine de leur donner un vice-chancellier (ainsi est nommé le président du Parlement de ce Royaume) qui sans respect de personnes leur administrât justice et quantequant pour mieux le faire obéir l’aceompagnast de quelques forces ; car l’impunité avoit rendu les meschans si audacieux qu’ils ne respectoient plus aucun officier de justice et soustenus de quelques grands

Variante: parolles.

l’oppressoient par la force. Mais les chef de la ligue ne furent plustot advertis de ces remonstrances et des promesses de la Royne qu’ils ne taschassent de divertir le peuple. Et pour ce faire firent une 1 2 convocation de la noblesse, villes et vallées du païs en la baronnie de Lantabat *. Là ils remonstrèrent au peuple que toutes les belles parolles et grandes promesses faites tant par la Royne que ses députez, n’estoyent que pour les tromper et les amuser jusques à tant qu’elle eut meilleure commodité d’exécuter sa délibération, qui estoit d’oster tout à plat l’exercice de la religion [romaine 3 ], tout ainsi qu’elle avoit fait en plusieurs lieux de Béarn. Parquoy estans bien acertenez de son intention et pousez du seul zèle de [leur 4 ] religion, ils s’ estoient résolus de s’y opposer et y employer tous leurs moyens, amis, alliez, parens et vies, et exortoient tout le peuple vouloir faire le semblable et donner à ce coup l’aide à leur religion que tous bons catholiques lui dévoient, en quoy ils les asseuroient d’estre si bien secourus que la Roine connoistroit qu’ils n’estoient sa 5 suport. Mais pour ne descouvrir leur intention et n’aliéner d’eux les esprits du peuple, ils ne firent lors nulle mention des fors, et protestaient leur volonté estre de n’attenter rien contre l’autorité de la Roine, ny faire rien contraire à la fidèle obéissance qu’ils luy dévoient. [Plusieurs, qui n’avoient

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