Dax (Landes
n’avoient pas beaucoup de poudres. Toutesfois les capitaines Fabas 1 et Lucbardès, qui y estoient arrivez le jour auparavant avec trente ou quarante hommes, se deffendirent tant qu’ils peurent et en combattant se retirèrent dedans le chasteau où, s’estans rendus à composition, lurent la plus part massacrez, en despit de ce que Tilladet *, maistre de camp de l’infanterie de Monluc, avoit esté tué d’une harquebusade à l’entrée. Et jaçoit que les habitans n’eussent rien fait que ce que Monluc leur avoit conseillé, si est-ce que la ville fut tout à plat saccagée et n’y eut sorte de mal ni d’ottrage qui ne fut prattiqué par les victorieux ; et sans l’arrivée de Danville, ils eussent eu pis, mais il fit cesser le pillage et se courrouça contre Monluc de ce qui avoit esté fait.
Cette exécution remit le cœur au ventre aux partisans de la protection, tellement que ceux de Bigorre reprinrent la ville de Lourde, et le chasteau leur fut rendu fort laschement par Lestrem, lieutenant de Cascban, qui pour ceste lascheté fut pendu à Pau. Et Luxe alla assiéger le chasteau de Mauléon de Soûle où estoit Aramis 3 , qui fut secouru par le régiment du viscomte de Moucla et quelques compagnies béarnoises et les cornetes de cavalerie de Sérignac, Montamat et Lons qui bruslèrent la ville et le chasteau et rembarrèrent les Basques en leur montagne et les eussent poursuivis plus longuement si le comte ne les eut