‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 19 sur 160 · Villanueva, village de la vallée d’Araquil, en Navarre · texte numérisé non relu

Villanueva, village de la vallée d’Araquil, en Navarre

2. Logrofio, capitale do la province de ce nom, dans la Vieille- Castille.

chastcau , où furent' trouvées 1 7 pièces de grosse artillerie et grand nombre de menue, avec grande qantité de piques et arbalestes (car les harquebuscs estoient encores lors fort rares) et 500 corselets. Estant Esparros maistre de Pampelonnc, fît publier la commission et puissance qu’il avoit du roy Henry et fit quantequant abbatre les armories d’Espagne plantées aux portes de la ville, chasteau et aux lieux publiques, et fit battre monnoye au coin dudit Roy, combien que quelques uns disent qu’il y mit les armories de France, non pas celles de Navarre, et que cela offensa beaucoup les NavaiTois et aliéna fort leurs volontez de luy, car d’autant qu’ils s’estoient resjouis de sortir de la dommination du Castillan, ils furent marris de voir les commencemens de la françoisc. Et Luxe ', qui avoit grande créance parmi le peuple, despitéde n’avoir en ceste armée nulle charge, mettoit secrettement aux oreilles du peuple des bruits que cette guerre se faisoit en faveur du roy de France, non pas de celuy de Navarre et qu’on se servoit seulement de son nom, pour mieux piper les cœurs du peuple, mais que s’ils se pouvoient une fois emparer du pays, on n’orroit plus parler d’Henry , ains de François. Esparros fit aussi publier une abolition générale de tout ce qui pouvoit avoir esté fait par le peuple contre le service de leur Roy naturel en faveur de l’Espagnol. Quelques uns, plus Espagnols que Navarrois, envoyèrent demander sauf-conduit audit

1. Jean, baron de Luxe. — Luxe est une commune du canton de Saint-Palais, arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées). Au xvm' siècle c’était une petite souveraineté appartenant aux Montmorency.

Esparros pour le venir trouver et un terme suffisant pour au préalable pouvoir aller en personne ou envoyer en Castille renoncer au serment de fidélité et hommage qu’ils avoient fait au roy Charles. Mais Esparros, averti que ceste demande n’estoit que pour gaigner tems, affîn que leurs biens ne fussent si tost saisiz, leur fit responce qu’aux estrangers et aux ennemis, non pas aux naturels sujetz falloit ottroyer saufconduit, qu’ils esloient tous N'avarrois naturels, sujetz et hommes liges d’IIenry, naturel et légitime roy de Navarre, par ainsi qu’ils pouvoient et dévoient sans autre sauf-conduit ou excuse se joindre & son armée, de quoy il les prioit bien aflecteusement et leur commandoit en vertu du pouvoir et commission à lui donnée par ledit Roy, afin qu’il ne fut contraint d’user contre eux de la rigueur et hostilité establies et ordonnées contre les rebelles et les ennemis ; quant au terme qu’ils demandoient pour se descharger du serment, le droit divin et humain les en dispensoit et deschargeoit comme fait par violence et par force et à celuy qui n’avoit eu aucun légitime droit de l’exiger. Mais ces raisons ne servirent de rien envers ceux qui, ayans plus les cœurs castillans que navarrois, désiroient demeurer en l’obéissance de l’Espagnol. Parquoy, craignans d’estre attrapez par l’armée, le comte de Lerin, ses enfans, parens et partisans, avec les sieurs de Gongorra, de Gondalin et le capitaine Doue Marie l , se retirèrent incontinent en Castille

1. Voici les noms des fugitifs : Louis de Beaumont, comte de Lérin, François, Pierre, Thibaut, Gratien et Martin de Beaumont, le soigneur de Gongora, le seigneur de Guendulain, le capitan Doua Maria, Nicolas de Guya, le docteur de Gonin , le

et se joignirent à l’armée que le connestable 1 et l’amiral de Castille dressoient pour venir rencontrer les François.

Durant le siège de Pampelonnc, Esparros ne sachant encore quelle [en] seroit l’issue, voyant l’affection du peuple, pensa de se faire maistre de bonne heure de tout ce qu’il pourroit. Par ainsi dépescha Pierre Navarre * , fils du défunt mareschal de Navarre , avec quelques troupes pour aller sommer Olite 3 , Taphaille 4 et leurs mirandats 5 ou bailliages, et le marquis de Falccs®, aussi Navarrois, à Tudelle 1 . Elles se rendirent aussi tost, comme à leur exemple firent toutes les autres places du royaume, les chastcaux d’Esteilla® et Larraga 9 exceptez, lesquels ayans attendu le canon, se rendirent à la seule veue d’iceluy. Le viscomte de Soline'°fiit laissé gouverneur à Esteille. Après cela (comme s’il n’y eût plus autre chose à

licencié Balança, le bachelier de Ozcariz , avocat royal, Bernard Cruzat, juge de Pampelune et maître des finances, Diego Cruzat, essayeur do la monnaie, Lopo de Esparça, les seigneurs de Mendivote, Ayanz et Arbiçu, Louis et Martin Dioz (Arch. des Basses- Pyrénées, E. 554).

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