‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 23 sur 160 · Ascain, canton de Saint-Jean-de-Luz · texte numérisé non relu

Ascain, canton de Saint-Jean-de-Luz

3. Uéhobie est un hameau de la commune d’Urrngne, canton de Saint-Jean-de-Lur.. La rivière qui passe à Uéhobie est la nidassoa.

uns avec Diego Vere leur chef, se rendirent dedans Fontarabie, et l’amiral quittant la poursuite des fuyars, tira droit au chasteau de Bahobie où avoit bonne garnison d’Espagnols, qui eussent pu empescher les vivres de venir en son camp devant Fontarrebie, s’il y fut allé pluslot qu’au dit Bahobie. La batterie fut incontinent commencée avec quatre gros canons et quelques pièces baslardes, et de la première volée une canonière basse fut embouchée et une des meilleures pièces rompue, et le canonier avec autres qui estaient auprès de luy tuez. Cela mit tel effroy parmi les soldats qu’ils contraignirent leur capitaine de se rendre à la discrétion de l’amiral. Les principaux furent envoyez prisonniers à Baionne, les autres desvalisez et licentiez, et dedans le chasteau tut mise une forte garnison de François, pour asseurer le chemin aux vivandiers. De là l’armée alla camper devant Fontarrebie, qui fut quasi plus tost battue qu’assiégée. Si grande estoit la provoyance et la diligence de ce chef et l’obéissance de ses soldats sy prompte, qu’ils ne virent pluslot par terre un petit pan de muraille, que les Navarrois, les Basques et les Gascons ne demandassent l’assaut, qui leur fut ottroyé plustot par importunité que par raison, car la brèche n’ estoit encore suffisante ny raisonnable, comme l’issue le monstra, car jaçoit que les assaillans s’y présentassent avec toute l’impétuosité et hardiesse qu’on eut peu désirer et combatissent longuement avec une très grande furie, néantmoins ceux de dedans les receurcnt

1. Don Diego de Vera fut commandant de Tripoli, de Saint- Jean-Pied-de-Port et de FontarrabiC.

avec tel courage et les soustindrent avec si constante résolution qu’ils furent contraints de se retirer avec beaucoup de perte et de honte. L’amiral, fort marri de la témérité de ses soldats au dommage et deshonneur de son armée, toutesfois bien aise d’avoir connu leur hardiesse et s’asseurant de recouvrer en un coup l’honneur perdu et emporter la place, fit tirer l’cndemain plusieurs volées de canon aux lieux dont estoit venu le plus grand mal et fit loger une colovrine sur un haut qui voyoit la brèche en flanc, pour battre ceux qui se voudroient présenter à sa défense. Les bataillons estoient jà dressés et ceux qui dévoient donner les premiers commençoient de partir, quand les assiégez ne voulans expérimenter une autre fois la vertu des assaillans, demandèrent composition, qui leur fut aussi tost accordée. Ils sortirent avec les armes et bagues sauves. Le comte de Guise et quelques autres estoient d’advis qu’on ruinast et rasast Fontarrebie et qu’on forlifiast IIandaye',mais l’amiral, qui disoit n’avoir assez de loisir pour séjourner si long tems en ces marches, fut de contraire opinion. Le gouvernement fut donné au sieur de Saint-Bonet *, mais d’autant qu’il fust bien tost après tué au village de Sainte-Marie avec Carreges et Saint-Romans 1 2 3 , où ils estoient allez pour en desloger quelque troupe d’ennemis qui s’i estoient logées et pour faire apporter des vivres dedans la ville, Jaques d’Ailloii, sieur de

1. Hendaye, canton de Saint-Jean-de-Luz, arrondissement de Bayonne (Basses-Pyrénées).

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