François de Béarn, seigneur de Louvie-Soubiron
4. Ville qui a été réunie à celle d’Oloron (Basses-Pyrénées) en
partie massacrés ; et si le gouverneur n’eust fait lever le pont, les Espagnols entroient pesle et mesle avec les Béarnois qui se retiroient en tel désordre que plusieurs, trouvans le pont levé, se jettèrent dedans l’eau , plusieurs se noyèrent et d’autres furent tuez. Le peuple qui juge ordinairement indiscrètement des choses, plus par l’évènement d’icelles ou par affection ou passion que par la raison, suspitionoit Lobié d’avoir intelligence avec l’ennemi, combien qu’il n’en fut rien ; et s’il n’eust eu la discrétion de bazarder plustot une partie de ses gens que le tout, sans doubte il perdoit en un coup la ville et tout le demeurant de ses hommes. Ayant donc les Aragonois failli de prendre Oloron , ils s’allèrent joindre au prince d’Orenge à Sauveterre, qui peu de jours après ramassa son armée et s’en retourna en Espagne et en passant pilla Biarris 1 et Saint-Jean-de-Lus et tous les pais de Labourt*.
Au mois de février 1 524 le roy Henry de Navarre ayant suivi François, roy de France, en Italie, lorsqu’il suivoit l’armée de l’Empereur conduite par Bourbon 3 et le marquis de Pesquaire 4 se retirant de Provence où elle estoit entrée, cuydant prendre Marseille, vaillamment combattant fut fait prisonnier devant Pavie avec ledit roy François, et mené dedans
t. Biarrits, canton de Bayonne N-0 (Basses-Pyrénées).
2. Le pays de I.abourd est compris dans l’arrondissement de Bayonne.
3. Charles, duc de Bourbon, connétable, né en 1489, tué à l’assaut do Rome en 1527.
4. Ferdinand-François d’Avalos , marquis de Pescaire et d’Aquin, grand chambellan du royaume de Naples, né en 1489, mort devant Milan en 1525.
le chasteau de Pavie. Toutesfois, par la diligence de François, baron d'Arros en Béarn 1 , furent pratiquez deux capitaines de ceux qui avoient charge de le garder, l’un espagnol nommé Coimbres, l’autre italien des terres du duc de Manloue, auquel le Navarrois s’estoit rendu le jour de la bataille. Ceuxci firent provision d’une eschele de cordes, laquelle dressée à la fenestre de la chambre dudit Roy, Coimbres descendit le premier et le Roy après, qui eut telle frayeur qu’il ne fut allé guère bas, ains seroit remonté, si Francisco, navarrois et son valet de chambre, ne l’eut pressé, luy proposant le danger de demeurer eslre beaucoup plus grand que celuy de la descente par l’eschelle, * car indubitablement, disoit- » il, Vostre Majesté n’aura plus tôt payée sa ranson, » qu’on lui donnera le boucori pour mettre fin par ce » moyen à la querelle du royaume de Navarre. » Il descendit doneques et ledit Francisco après luy, et ayant trouvé le baron d’Arros et le Mantouan au bord du fossé avec des chevaux prests, le roy Henry se rendit sans nul destourbier à Lion où estoit Madame la Régente, mère du roy François. Or pour avoir plus de loisir et de tems de se sauver, François de Rochefort, sieur de Viviers en Foix*, page dudit Roy, et un valet de chambre avoient esté laissez dedans la chambre, tant pour retirer l’eschelle que pour amuser le matin le capitaine du chasteau qui avoit accoustumé tous les matins de venir donner le bon jour au