‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 5 sur 160 · Arcb. deu Basses- Pyrénées, E. 1747, f · texte numérisé non relu

Arcb. deu Basses- Pyrénées, E. 1747, f

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PRÉFACE

synode de leur envoyer pour ministre Abbadie, alors ministre à Serres-Castet, en remplacement de Bordenave mort depuis plus de deux ans 1 . Il termina donc sa vie dans les sept premiers mois de l’année 1601, ' âgé d’environ soixante et onze ans.

Les renseignements qui précédent forment tout ce que j’ai pu recueillir sur Nicolas de Bordenave. On y trouverait difficilement les éléments d’une biographie.

Ce fut Jeanne d’Albret elle-même qui commanda le travail de Bordenave et qui peut-être en fut l’inspiratrice. On pouvait le supposer d’après le compte de 1 572 cité plus haut, mais lui-même le dit dans son épitre dédicatoire*, et un passage d’OIhagaray, que je vais citer bientôt, ne laisse aucun doute sur ce point.

L’auteur mit plusieurs années à composer son ouvrage : en 1 59 1 , il n’était arrivé qu’aux trois quarts de sa tâche. En effet à la page 357 du manuscrit, on lit après la généalogie de la maison de Bourbon :

* C’est le commencement et le progrès de la maison de Bourbon, laquelle encores aujourdhuy a six princes vivans, outre la personne du rov Henri IV par qui ce tige, sorty de la souche royale de F rance l’an 1246, y est rentré l’an 1589, ayant cette famille duré, jusques aujourdhuy 1591, trois-cent-quarantecinq ans. »

Mon intention n’est pas de faire un éloge exagéré de l’œuvre de Bordenave, mais on ne saurait refuser à son langage une fermeté et une honnêteté dignes de remarque. J’ajoute que, vu les circonstances où il

Arcb. de Nay. BB. 2, ê 70.

‘2. Voyez page 2.

PRÉFACE

écrivait, il est modéré et ne se laisse pas aveugler par l’esprit de parti. On peut ajouter à cela une grande sûreté d’informations. Il pouvait dire : «j’étais là, telle chose m’advint », tantôt c’est la Reine qui lui rapporte tel ou tel fait , ou bien ses renseignements sont tirés de sources officielles 1 .

En ce qui touche les persécutions religieuses dont les protestants eurent à souffrir en Béarn, Y Histoire des Martyrs, par Jean Crespin (édit, de 1619, folios 847 et suivants), contient des détails qui semblent puisés aux mêmes sources que le récit de Nicolas de Bordenave.

Celui-ci mort , son œuvre fut utilisée par les auteurs qui se sont occupés de l'histoire du Béarn et de la Navarre. Olhagaray* s’exprime ainsi :

« Au lecteur. — Les lecteurs seront adverlis qu’en l’histoire de Béarn, je me suis servi du recueil que feu maistre Nicolas de Bordenave avoit fait, par long travail, par commandement de Madame Jeanne, royne de Navarre, souveraine de Béarn et comtesse de Foix, des archifs et registres anciens de la Maison. » Le même auteur cite (p. 600) les « recherches nompareilles que le feu sieur de Bordenabe a fait de la maison de Navarre, Béarn et Foix. »

Marca a fait également usage, des travaux de Bordenave 3 .

Enfin de nos jours , il a paru quelques fragments

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