C’est Henri de Barran (voir la note 3, page
les plus suspects qui, sous ombre d’aller à la messe, portoient plus de dommage à [Sainte-Mère] Eglise 1 2 que les prédicans mesmes ; que [le*] Saint Père le Pape et le Roy Catholique solicitaient ordinairement le Roy de mettre à bonnescient la main à cette exécution, pour laquelle ledit Roy Catholique offroit au Roy Très Chrestien toute aide et faveur, et à ces fins avoit déjà fait levée de plusieurs compagnies de gens de guerre pour les faire entrer en France, et le Roy avoit plusieurs troupes ensemble pour cest effect; que pour éviter cest orage, Sa Majesté et le prince de Condé, son frère, dévoient aller trouver le Roy et luy rendre conte de leurs actions, et il les ouiroit bénignement et en toute asseurance, car le Roy les aimoit comme ses parens et les honnoroit comme princes de son sang et ne désiroit que leur advancement et grandeur, comme il leur feroit paroistre incontinent qu’ils seroient arrivez près de Sa Majesté ; que ledit roy de Navarre devoit pareillement escrire à [la Sainteté du Pape 3 4 ] pour luv [arracher de l’entendement ‘ ] la mauvaise opinion qu’il pouvoit avoir de luy par tant de sinistres bruits et advertissemens qu’il avoit ouis de ses déportemens ; que où il ne feroit l’un ou l’autre, infaliblement le Roy le ruineroit en son cors et biens et le Pape l’excommunieroit ; qu’il supplioit Sa Majesté y vouloir bien penser avant le fait, car le repentir après ne serviroit que d’aggraver son mal; que Sa Majesté se souvint que pour semblable censure le roy Jean et la royne Cathe-