La Meuse
duire et exécuter tout ce qui est pour le bien public ; qu’ils avoient déjà rendus suspects au Roy tous ceux qui pouvoient descouvrir leurs intentions, esclerer leurs conseils et empescher leurs exécutions, dont estoit sortie la casserie de tant de bons capitaines et le changement de plusieurs gouverneurs et l’emprisonnement de quelques uns de robe longue, et taschoient de piper les volontez des cours des Parlemens, dedans lesquelles ils avoient beaucoup de créatures et plusieurs partisans qui leur servoient de soliciteurs et d’espions ; qu’il falloit conjurer cest orage qui commençoit encores de se bastir avant qu’il fut tombé sur la France et prévenir le mal devant qu’il fut avenu, et purger cest humeur malin plustot qu’il n’eust infecté les parties nobles, à quoy un seul remède sembloil salutaire prouveu qu’il fut bien dosé et fidèlement préparé et donné en tems oportun ; qu’ensuivant donq les bons médicins qui curoient les maladies par remèdes contraires à l’humeur peccant, il faloit appliquer à cette maladie causée de désordre un bon ordre pour médecine ; car tous les grands maux desquels la misérable France se trouvoit affligée procédoient de ce que les Guises par grand désordre avoient esté si monstreusement eslevez, que le nom de Roy excepté, ils estoient plus grands, plus craints et mieux obéis que le Roy mesmes ; parquoy la raison vouloit et la nécessité commandoit de les remettre par bon ordre en leur rang, réprimer leur audace et leur fere rendre comte de leur déréglée administration par devant une légitime et libre convocation d’Estas-Généraux, qui estoit l’ancienne médecine de laquelle nos pères avoient tousjours usé pour la cure de semblables maladies sur-
venues en i’Estat et l’ordre qu’ils avoient tenu pour remettre les règnes desordonnez et réprimer l’audace et punir les insolences et injustices des ministres des Roys, abusans du nom et de l’autorité du Roy, tesmoins Ébroin et Rretchaire au tems du roy Théodoric 1 er , et Porcher, principal conseiller de Théodobert, roy de Mets, Pierre de La Rroche de Philipe-Hardy, Enguerrant de Marigni de Philipe-le-Rel, Pierre Remy de Charles-le-Bel et plusieurs autres qui pour s’avancer avoient renduz odieux aux Rois les princes et la plus qualifiée noblesse, afin qu’ils n’aprochassent près de Leurs Majcstez et ne fussent receus au maniement des affaires et administration des plus grandes charges; et pour s’enrichir de la substance du peuple l’avoient surchargé de tailles et imposts extraordinaires. Que les Guises qui avoient fait publier la convocation des Estas au Roy, avoient eux-mesmes préparé le chemin pour venir à ce nécessaire remède, non pas que telle fut leur intention, car le cardinal de Lorraine avoit plusieurs fois dit que tenir Estas estoit brider le Roy et luy oster la puissance souveraine ; par ainsi que ceux qui demandoient Estas dévoient estre justement suspects au Roy comme capitals ennemis de la suprême autorité royale. Qu’il estoit donq à présumer la publication desdits Estas avoir esté faite pour entretenir et accroistre les désordres non pas pour les oster et que par icelle les Guises vouloient affermir leur gouvernement.et faire faire le procès comme criminels de lezemajesté à tous ceux qu’ils tenoient pour ennemis ou qui auroient fait ou dit quelque chose contre eux ou leur gouvernement, car ils tenoient fait contre la majesté du Roy et de son Estât tout ce qui avoit esté
fait contre eux et leur gouvernement. Et pour donner cette fin à leur secret conseil, ils avoient envoyé leurs partisans par les provinces pour faire tenir les Estas Provinciaux, afin que les cayers y fussent dressez selon les mémoires qu’ils y avoient envoyées et les députez y fussent esté choisis suivant leur nomination et mandement. Lesquels députez dévoient communiquer leurs cayers au cardinal au préalable de les présenter. Et tout y avoit esté fait avec telle violence que plusieurs qui avoient parlé de réformer l’ Estât avoient esté mal traittez ou fort menacez. Et pour tenir en crainte l’assemblée, ils avoient remply la ville d’Orléans de compagnies de gens de guerre tirées du Piémont, de Picardie et du Metzin, sous couleur de bailler gardes suffisantes au Roy ; mais en efffect pour se garder euxmesmes et donner la loy susdits Estas [et exterminer les bons françois.] Mais les tyrans, non pas les Roys, avoient accouslumé d’entretenir des armées pour les garder, car la plus seure garde des bons et légitimes Roys estoit la bienveillance de leurs peuples ; et anciennement les roys de France n’avoient pour toute garde qu’un portier ou huissier de sale, pour garder seulement la porte. Ce qui devoit rendre plus suspecte l’armée qui avoit esté assemblée auprès du Roy et servir d’avertissement audit roy de Navarre et à son frère qui avoient droit de se trouver aux Estas et à tous ceux qui avoient intérestà la tenue d’iceux. Qu’il estoit nécessaire que ledit Roy fit le voyage de la cour et se trouvast aux Estas, de quoy tous les bons françois le supplioient très humblement, mais qu’il le devoit faire en telle sorte qu’il fut à luy honnorable et utile à la France, et peut garentir de mal et danger tous
les bons françois qui s’y trouveraient. Qu’en cette manière ledit ray de Navarre serait favorablement receu du Roy, craint et respecté des Guises , et toute la compagnie parlerait en toute liberté et serait bénignement escoutée et obtiendrait tous justes appointemens à ses requestes et au contraire. Qu’à l’exemple donc des Guises qui, sous le nom du Roy, s’cstoient le premiers armez, non poinct pour la défense du Roy et de son Estât, mais pour opprimer la liberté de la France et la vie des bons françois, il leur estoit plus nécessaire de recourir à la justice des armes, justes à ceux à qui elles sont nécessaires et ne trouvent seurté ny refuge qu’en elles, ne seur accès à leur Roy que par elles. Ainsi Charles, duc de Berry, frère du roy Loys XI, voyant le [tyrannie et] mauvais gouvernement des ministres dudit Roy, qui [comme maintenant fesoient les Guises] luy avoient tellement rendus suspects et odieux les Princes et plus grands seigneurs du Royaume, qu’il avoit changé les anciens conseillers de feu son père, ne fit difficulté de prendre ouvertement les armes pour faire tenir les Estas en liberté et fere rendre conte auxdits ministres de leur administration ; dont estoit sortie la guerre du bien public, la journée de Montlhéry, le siège de Paris et enfin les Estas de Tours, qui avoient donné audit roy Loys trente six conseillers. Qu’ils ne cerchoient de recourir aux armes de gaieté de cœur, ny pour offencer personne, mais que la nécessité les y contraignoit pour garentir leur vie et parler en seurté et liberté à leur Roy. Ce qu’ils fesoient d’autant plus à regret qu’il sembloil contraire à la mesmes nature que le sujet se présentât armé devant son Roy, père et pasteur du peuple ; outre que
les armes, principalement les civiles, dissipoient les biens, ruynoient les personnes et corrompoient les mœurs; mais que la violence des Guises qui tenoient le Roy plus tôt assiégé que gardé par une armée de leurs partisans leur avoit fermé toute autre voye et les a voient jettez en ce désespoir qu’ils estoient contraints de s’ouvrir par le fer le chemin jusques en la face de leur Roy ou mourir par le bourreau, sans estre ouys ; car les Guises ne permettoient à Sa Majesté d’ouyr librement ses sujets et juger leurs causes selon les choses alléguées et prouvées ny à eux de voir leur Roy et luy faire leurs plaintes, car ils avoient tellement préocupé l’esprit de ce jeune Prince que sans autre vérification que leur simple raport, par un préjugé, il tcnoit pour rebelles, séditieux et hérétiques tous ceux qu’ils lui disoient estre tels et ils accusoient pour tels tous ceux qui leur estoient ouvertement contraires ou ils soupsçonnoient l’estre ou ceux qu’ils craignoient pour leur qualité, probité, doctrine ou richesses. Qu’ils s’asseuroient que leur sincère intention seroit prise en mauvaise part et qu’on les prendroit pour rebelles et séditieux et criminels de leze-majesté ; mais qu’ils avoient Dieu scrutateur des cœurs pour tesmoin de leurs volonlez et juge de leurs actions, auquel ils rcmetloient le jugement de tout cest affaire. Que les plus sincères intentions et plus justes actions de plus gens de bien estoient suspectes aux méchans et sujetes à plusieurs calomnies; mais qu’il valoit mieux souffrir mal parler de soy que porter le mal sur soy, et estre calomnié plustost que tué ; et, comme disoient les jurisconsultes, il valoit mieux repousser le mal de bon heure qu’attendre de le venger après sa mort et le
sépulchre, car la mort estoit sans deffense, réplique ne justification où la vie pouvoit respondre , soy deffendre et justifier.
Car encores que le Roy, entré en sa seziesme année, eust passé l’aage que l’ordonnance du roy Charles VI avoit donné à la majorité des Roys , il n’avoit pourtant peu disposer des affaires et du gouvernement du Royaume selon sa seule volonté, car cette loy ne fesoit nulle mention du gouvernement de l’Estat, mais seulement du sacre, couronnement, reconnoissance et réception par le peuple, afin d’asseurer le Royaume ès mains des enfants des Roys défunts, demeurez en bas aage, ainsi qu’il apparoissoit par les propres mots de la loy salique disant que tout légitime héritier de France seroit sacré et couronné comme Roy, aussi tost qu’il auroit atteint le quatorsiesme de son aage, et que tous ses sujets luy feraient foy et hommage et serment de fidélité; mais après ledit sacre le gouvernement du Royaume estoit toujours demeuré en la disposition des Estas : ainsy d’autant que le roy Louis II, fils de Charles-le-Chauve, avoit disposé desgou vernemens et dign itez du Royaume , les Estas s’y opposèrent. Et pour ce que Charles V avoit ordonné par testament sa femme et le duc de Bourbon, frère de sa femme, pour tuteurs à son fils Charles VI, et Loys, duc d’Anjou, frère dudit Roy, pour gouverneur du Royaume, les Estas rescindèrent le testament et par leur autorité les n\esmes tuteurs furent donnez à la personne dudit Roy et le mesmes gouverneur au Royaume. Que par cette mesme compagnie tuteurs avoient esté ordonnez au roy Charles VIII. Et après la prise du roy Jean, combien
que monsieur le Dauphin, son fils, fut en aage de toute majorité, les Estas assemblez à Paris luy avoient baillé un conseil avec lequel il fesoit toutes choses. Suivant donc les anciennes loix et coustumes de France, Sa Majesté n’avoit deu chasser les Princes ny les anciens officiers de la Couronne et les conseillers du feu Roy du conseil et gouvernement du Royaume, pour le mettre ès mains des deux frères Guises, sans l’advis des Estas ; ce qu’ayant esté bien connu par les deux frères, ils s’estoient tellement rendus maistres desdits Estas qu’ils s’estoient asseurez qu’ils ne feroient rien que ce qu’ils leur commanderoient. Et n’y avoit autre moyen de rompre leur dessein que par les armes conduites par ledit roy de Navarre. Que pour éviter ce coup, les frères, ayant despouillé la peau du lion, avoient priscelle du renard, pour attirer par beaucoup de fauces asseurances et promesses lesdits roy de Navarre et le Prince, son frère, désarmez à Orléans, s’asseurans qu’eux despéchez, le reste feroit incontinent joug, sans qu’il y eust personne qui osast rien parler ne remuer contre eux et leur gouvernement.
Et d’autant qu’ils se tenoient asseurez que ledit Roy ny son frère ne prendroient jamais asseurance d’eux ny de leurs offres et promesses, ils employoient finement l’autorité du Roy pour leur commander, la bonne grâce de la Royne mère pour les prier et asseurer, et la familiarité du mareschal de Saint-André, la servitude du cardinal d’Armaignac et la parenté du cardinal de Bourbon pour leur persuader ledit voyage sans armes; qu’encores que la négotiation des autres peut estre justement suspecte, ils s’asseuroient que M. le cardinal de Bourbon marchoit de droit pié en tout cest affaire.
n’y estant poussé que du désir qu’il avoit à la conservation de ses frères qu’il craignoit estre perdus s’ils n’alloient promptement à Orléans désarmez et sans compagnie extraordinaire, s’asseurant sur la promesse du Roy, qui par plusieurs foysluv avoitasseuré, qu’ils y seroient receus en toute bien-veuillance etasseurance, et auraient auprès de Sa Majesté le rang et l’autorité que leur qualité de premiers princes du sang méritoit. Mais que le cardinal ne jugeoit pas, comme il faloit, des paroles du Roy selon l’intention des Guises qui estoit de les tromper par promesses, comme l’on fait les petis enfans par des pomes. Par ainsi que le roy de Navarre et le prince de Condé, ausquels cest affaire touchoit de plus près, dévoient prendre les promesses et asseurances du Roy comme provenantes des Guises et s’en servir d’advertissement pour se mettre de bonne heure en défense et prévenir par célérité leur malice, qui estoit le seul moyen pour estre bien receus du Roy et traittez comme ses bons parens et craints des Guises et demourer asseurez contre leurs artifices et pouvoir parler en toute liberté et se justifier sans aucun danger, qu’autrement ils seroient mal receus du Roy et traittez en séditieux et rebelles, et moquez et bravez par les Guises. Que les offres que les provinces de France leur avoient faites de gens de guerre et tous autres moyens pour les accompagner en ce voyage estoient très asseurées, et lesdites provinces feraient sans doute plus qu’eux, députez d’icelles, ne leur avoient promis, sy elles voyoient audit Roy et son frère le Prince une constante résolution et une prompte exécution, et plusieurs troupes de' gentilshommes qui estoient toutes prestes seroient jù auprès
dudit Roy, s’il eust voulu donner un ouvert commencement à tant de grandes promesses qu’il leur avoit tant de fois fait, de se déclarer chef de cette juste entreprise. Qu’ils le supplioient donq de ne se laisser tromper par paroles fraudeleuses et de prendre quelque bonne résolution pendant que son frère et luy en avoient encore le loisir, le moyen, la liberté et la force, qu’indubitablement ils perderoient de mesmes qu’ils approcheroient de la cour désarmez. Qu’ils se souvinssent du traittement fait à ceux de l’entreprise d’Àmboise, desquels le Roy, au raport de ceux de Guise, tenoit ledit roy de Navarre et son frère pour chef. Par ainsi s’ils tomboient au pouvoir des Guises, qui savoient toute cette entreprise avoir été dressée contre eux et leur gouvernement, infaliblement , quelques grandes promesses qu’on leur fit du contraire, ils recevroient le mesmes jugement que les autres, ausquels monsieur de Nemours avoit donné tant de grandes promesses et asseurances.
[Leroy de Navarre fit quelque démonstration d’avoir pris leur dire en bonne part et continuoit tousjours ses accoustumées promesses de fere le voyage en telle manière que luy et les Estas pourroient parler et délibérerde touteschoses en touteliberté etasseurance. Ceux de la religion réformée, qui fesoient le plus grand nombre, demandoient particulièrement d’estre ouys librement par la parole de Dieu sur les points de leur religion qui estoienl en controverse avec la romaine ; protestant qu’ils ne vouloient estre supportez en hérésie quelconque, ains seulement enseignez où ils seroienl trouvez en ignorance, et redressez s’ils cstoient en erreur, car tous hommes sont sujets à ignorance et
erreur. En quoi ilspromett oient de se monstrer tellement dociles que chacun pourrait facilement connoistrc qu’ils ne désiroient rien tant en ee monde que bien connoistre et démonstrer Dieu et le servir selon sa volonté, la gloire duquel ils cerchoient non pas la leur, les choses spirituelles, non pas les temporelles, le repos et le salut de leurs âmes non pas des corps. Que tel estoit l’ordre que l’église avoit anciennement tenu en l’endroit de ceux qu’elle avoit veus errer en quelque article nécessaire à salut, et les apostres l’avoient ainsi prattiqué sur le différent sy l’observation de la loy estoit nécessaire pour estre sauvé, et l’église l’avoit plusieurs fois fait d’elle-mesme, et sans l’aide ny faveur des magistrats, jusques au tems de l’ empereur Constantin-le-Grand qui avoit convoqué ce grand et célèbre concile, le premier de ÏS'icée, où Arius avoit esté pleinement ouy et convaincu par la parole de Dieu, et son hérésie condamnée par l’église et interdite par ledit Empereur à tous les sujets de l’Empire. Et depuis à son exemple plusieurs Empereurs avoient fait le mesmes et ne se trouvoit royaume chrestien où cela n’eust esté prattiqué, et les rois de France s’y estoient portez avec plus de diligence que pas un des autres, desquels on trouvoit encore plusieurs belles constitutions pour la réformation et entretenement de la religion chrestienne. Dont ils prenoient espérance, si les Estas pouvoient estre assemblez avec l’asseurance et la liberté requises et eux paisiblement ouis, de recevoir non seulcmentrelaschede leurs tormens, mais aussi d’obtenir authentique permission de continuer publiquement en toute asscurance et liberté l’exercice de leur religion , lequel ils ne pouvoient quitter ny
abandonner quelque commandement que le Roy leur en fit, sans quitter Dieu et renoncer Jésus-Christ, qui en ce cas les renonceroit devant Dieu son père. Non pas qu’ils ne désirassent de tout leur cœur d’obéir au Roi, mais qu’aux affaires de la religion et de la conscience, il falloit prendre la loi de Dieu,- non pas des hommes, et on devoit obéir à Dieu plustot qu’aux hommes. Qu’il supplioient donc de rechef ledit roy de Navarre de vouloir prendre la protection de leur juste cause et suivre l’advis qui lui estoit donné de ne se fier aux Guises et n’aller en cour mal accompagné ny désarmé pour ne tomber au danger éminent et certain auquel il sembloit se vouloir sciemment précipiter plus par désespoir que par raison] et où il serait en cette délibération qu’il laissast au moins le Prince , son frère, pour lui servir d’ostage et de garent contre ses ennemis qui vraysemblant se garderaient d’offenser Sa Majesté, tant que ledit Prince serait hors de leur puissance, craignans la vengencc qu’il pourrait prendre sur eux. Outre qu’ayant fait le Prince publique profession de la religion ', il estoit déjà condamné pour hérétique, et aussi tost qu’il arriverait désarmé en cour l’exécution s’ensuivrait. Mais tous deux frères avoient promis le contraire au cardinal de Bourbon qui en avoit déjà donné advis au Roy.
Ainsi ils partirent sur la fin de septembre encore que la princesse de Condé leureust donné certain advertissement du danger où ils s’alloient métré, et n’eurent plustot commencé de marcher qu’on ne lit en leurs faces et ne jugeast par leurs paroles qu’ils nlloient plus tôt prendre la loy de leurs ennemis que leur y donner.