‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 59 sur 160 · On a ajouté : et pasteurs · texte numérisé non relu

On a ajouté : et pasteurs

n’y a si petit [estât auquel on ne trouve plusieurs disposez à sédition et la populasse d’elle-mesme a assez de fureur, sans qu’on l’embrase par paroles et promesses 1 2 ], aussi par plusieurs endroits du pais plusieurs tumultoient journellement [avec telle audace qu’il estoit aisé de juger qu’ils ne cerchoient que l’occasion d’entrer ouvertement en sédition] et quelques gentilshommes empeschoient [ou troubloient] les prédications des ministres en leurs villages. Et le 25 de décembre 1563 à Sainte-Marie, siège de l’évesché d’Oloron, comme Pierre deBonnefont*, conseiller et maistre des Requestes, et Archambaut Colomiès 3 , juge dudit Oloron, y voulurent establir la prédication du ministre, le peuple se mutina avec telle furie que les commissaires et le ministre eurent assez à faire de se sauver. Le peuple conduit par Guillem d’Abadie 4 , chanoine, saisit la maison épiscopale et le temple assez forts pour battrie de mains. Ils le tindrent sept ou- huict jours, mais ils furent contrains de le quitter pour ce qu’on délibéroit d’y mener le canon et de les y battre, et qu’ayant Abbadie escrit partout, nul ne se déclara en sa faveur.

1. Variante : n'y a ri petit changement en an Estât qui ne toit suffisant motif pour induire la populace à sédition.

2. Pierre de Bonnefont, originaire d’Oloron, épousa Brune de Pappus; il devint président au Conseil souverain de Béarn; dès 1547 il était conseiller (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1785 et 1990).

3. Nous trouvons en 1559, comme étudiant & Genève, Archambaldus Colomerius, beamensis, Samarianus, c’est-à-dire Archambaud de Colomiès, béarnais, de Sainte-Marie d'Oloron (Livro du Recteur, p. 3).

4. Guillaume d’ Abbadie était aussi trésorier du chapitre de Sainte-Marie d'Oloron (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1098).

Les chef furent menez prisonniers à Pau, qui néantmoins furent relaschez sans rien souffrir, à la réquisition des Estas, qui firent grandes plaintes du bris des images, [et encore plus d’instance du restablissement de ce qui avoit esté chassé de la religion romaine]. Mais ils trouvèrent la Roine si [constante l ] qu’ils ne peurent obtenir d’elle autre chose, sinon que le tout demeureroit en l'estai qu’il estoit, attendant [si Dieu donnerait plus de connoissance au peuple et] qu’elle fut de retour de France où elle estoit contrainte de faire un voyage pour satisfaire à la volonté du Roy, qui l’en solicitoit avec grande instance. Elle laissa Antoine, seigneur de Gramont*, pour son lieutenant général en ses païs souverains.

Or les affaires de dedans ne troubloient pas seulement la Royne, et les ennemis domestiques n’assailloient pas seuls sa [constance ’], mais aussi ceux de dehors la poursuivoient avec plus d’animosité et de forces, car le pape Pie IV, [à l’exemple des Papes de ces derniers siècles, qui s’exemtans non-seulement de la sujettion et jugement de tous Princes, mais aussi de l’église mesme, se sont attribuez l’autorité des juges souverains sur toutes créatures et sur toutes principautez], commença de fulminer les foudres de ses excommunications et interdits contre ladite Princesse, et [sous le faux prétexte de n’avoir 4 ] seur accès en ses terres [pour la faire citer personnellement] la fit adjourner

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