‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 72 sur 160 · Bertrand de Salignac, seigneur de la Mothe-Fénclon · texte numérisé non relu

Bertrand de Salignac, seigneur de la Mothe-Fénclon

obtint de la Roine perpétuelle obliance de toutes choses passées pour cest effect, et conduisit à Pau pour baiser les mains de Sa Majesté, Luxe, Damezan, le viscomte d’Echaux, et plusieurs autres. Tous furent bénignement receus et honnorablement caressez de Sa Majesté et quelques uns honnorez de présens, autres subvenus et tous s’en retournèrent contens, au moins en apparence. Peu de jours après le collier de l’Ordre fut envoyé à Luxe. Cela offença maintes personnes [non passionnées 1 ] qui, sachans les services du nouveau chevalier, trouvoient estrange qu’on n’eut attendu une occasion plus spétieuse, pour ne descouvrir [si deshonnôlement] la sédition navarroise estre descoulée de la France. [Mais la desloyauté qui a la force pour compagne n’a point de honte.]

La ruine de ceux de la religion réformée s’ourdissoit cependant en France, mais l’abscence de la royne de Navarre apportoit beaucoup de difficultcz à la trame d’icelle. Car ceux qui vouloient attraper en un mesme filé tous les principaux chef, craignoient d’embraser plutost qu’esteindre le feu, s’ils exécutoient les autres sans ladite Dame et ses enfans. Les moyens do laquelle avec l’autorité du Prince, son fils, sembloicnt suffisons pour venger l’injure qui seroit faite aux autres. Par quoy Fénelon eut charge de lui persuader d’aller en France et y mener Monsieur et Madame*, ses enfans, où, disoit-il, le Roy et la Royne, sa mère, les désiroient fort, tant pour les y caresser selon que leur parentage et qualité méritoient que pour l’espérance, ou plustot

! . Variante : de la religion prétendue réformée.

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