Henri de Navarre et Catherine
asseurance, qu’ils avoient prise que leur présence apportèrent une heureuse fin aux misères de ce désolé Royaume. Car le Roy qui pour les choses passées ne s’osoit bien fixer de ceux de la religion 1 2 ne eux s’asseurer de Sa Majesté par les injures prétendues, se fieroient et asseureroient ensemblement d’elle, qui estoit si prochaine du Roi et en si bonne réputation parmi ceux de sa religion, que facilement toutes deux parties prendroient en bonne part tout ce qu’elle négotieroit et fairoit et se fieroient de toutes choses en sa sincérité. Qu’elle ne devoit donc denier ce bien à la France en laquelle elle estoit née et y tenoit tant de grandes seigneuries et son fils le premier rang après Messieurs les frères du Roy. Mais la Roine qui par [l’expériance du passé et] les averlissemens qu’elle en recevoit tous les jours, savoit l’intention de ceux qui luy fesoient tenir ce langage, estre du tout contraire à ce que l’harengeur luy disoit, n’osant refuser du tout, ne déclarer ouvertement sa volonté, mettoit tantost une excuse, tantost une autre et prenoit les délais les plus longs qu’elle pouvoit, ce qui commença de fascher le conseil de France qui, ayant toutes choses prestes pour faire attraper le prince de Condé a Noyers \ et l’amiral 3 à Tanlay 4 5 6 par Tabanes \ et Andelot 0 en