‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 80 sur 160 · I. Variante : Quelques uns · texte numérisé non relu

I. Variante : Quelques uns

de l’audace de ceux qui osoient donner le nom de telle vertu à un si grand vice et vouloient couvrir la déformité de ce fait par le fard de si grossière imposture. Et s’ils eussent eu autant de puissance que de bonne volonté, ils se fussent opposez à l’exécution de cette commission, mais la force leur défaillant plustôt que le cœur, ils furent contraints de faire bonne mine et caler voile, tout ainsi que ceux qui en forte tempeste navigent à la boline, et ne pouvans lors donner autre tesmoignage de leur fidélité, donnoient seccrètcment advis au lieutenant général de tout ce qui se faisoit en leur province. Car comme tous ceux qui se monstroient plus factieux et plus ennemis de leur Princesse, estoient les plus caressez et récompensez, aussi ceux qui estoient tant fut peu souspeçonnezde trouver mauvaises ces factieuses violences estoient tormentez par les compagnies de Navarrois et Soletains 1 2 que Luxe avoit mises aux champs, avec lesquelles, sans avoir esgard que son beau-frère, le sieur Belesunce’, qui estoit à la suite du prince Navarrois, en estoit gouverneur, s’empara premièrement du chasteau de Mauléon de Soûle et puis de celuy de Garris en la Basse-Navarre.

Or combien que le gouverneur Arros eut auparavant eu avertissement des commissions despéchées contre Navarre et Béarn et pronostiquast sagement l’intention tant des commissaires que de leur commetant; néantmoins pour ne donner occasion de rien attenter aux voisins, qui sans cela y estoient assés poussez par leur propre malice et incitez d’ailleurs, et pour solager les

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