‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 97 sur 160 · Uordenave avait écrit auparavant : Audaux · texte numérisé non relu

Uordenave avait écrit auparavant : Audaux

rivière entre Nayet Pau. Il leur déclara sa charge et leur remonstra qu’ils avoient fait contre l’intention du Roy et la commission de Tarride, qui ne portoit commandement d’user de force ny d’hostilité, qu’en cas de refus, après que le païs auroit entendu la volonté de Sa Majesté et eut esté sommé en pleins Estas de recevoir la protection; que Tarride requéroit les dits Estas estre promptement assemblez, afin qu’il leur peut déclarer l’intention du Roy et leur présenter sa commission. Tous approvèrent cette voye et assignèrent les Estas pour le 14 dudit mois, et s’excusèrent envers Tarride en la manière qui s’ensuit :

«Monsieur de Tarride, lieutenant général pour le Roy à la conduite de l’armée envoyée par Sa Majesté pour prendre en protection et garde le païs de Béarn [et gens des trois Estas], entendra, s’il lui plaist, ce qui s’ensuit, par manière d’avertissement, et afin qu’il n’ignore rien de ce qui a esté fait jusques à présent et semble devoir estre fait à l’avenir. En premier lieu les sieurs Béarnois de la protection l’ont déjà averti pour quelles considérations ils ont esté contraints de prendre les armes, asavoir pour la défense et protection de leurs vies, pour sauver Monsieur d’Esgarrebaque, gouverneur d’Oloron, sa vie et son honneur, que l’on vouloit faire mourir par la main d’un bourreau, et pour sauver aussi ladite ville d’Oloron que l’on vouloit saisir depuis la prise et emprisonnement dudit sieur d’Esgarrebaque, et parce qu’ils n’avoient ville pour se pouvoir tenir en seureté et asseurance dans ledit pais, d’autant que les rebelles, bannis et ennemis du Roy se sont saisis des chasteaux, villes et places fortes dans ledit pais, ladite noblesse a advisé

pour l’asseurance de leurs vies et pour tirer aussi de captivité les habitans bons serviteurs du Roy de Nay, de se saisir et entrer dans ladite ville et d’illec se défendre et conserver pour son service. Et pour ce que depuis ils auroient receu [Monsieur d’Audaux, chevalier de son Ordre et séneschal dudit pais, qui ensemblement] ils avoient résolu, suivant le commandement dudit seigneur de Terride, de luy aller au devant et l’aller trouver la part qu’il seroit avec leurs compagnies, ils le supplioient prendre en bonne part s’ils ne le font incontinant, pour ce c^ue le peuple qui universellement' s’est eslevé contre les perturbateurs susditz et détenteurs des villes en faveur des dits seigneurs du pais, leur a requis de ne les abandonner, d’autant que les ennemis ne font que courir contre eux, ravir leurs bestails et biens, et démolir et ruiner leurs maisons. A cette cause, lesdits seigneurs ont envoyé vers ledit seigneur pour très humblement le supplier de considérer que, puisque le peuple s’est jà déclaré pour son secours et qu’il porte la croix blanche pour luy, ils seroient endommagez si les forces se retiroyent des lieux où elles sont à présent pour s’en aller à la frontière, y ayant unze lieues de plaine, qui n’est peu de pais, s’il estoit saccagé par les dits perturbateurs, comme ils s’en mettent en devoir. Qu’est cause qu’on le supplie très humblement qu’il veuille trouver bon qu’on ne bouge des environs dudit Pau, jusques à ce qu’on saura le jour de son entrée audit pais, que nous supplions estre le plus tôt qu’il lui sera possible; et s’approchant dans ledit pais nous luy irons au devant, car on ne veut entreprendre sur ladite ville de Pau qu’il n’y arrive ; encores bien que s’ilz se pré-

sentoyentà ladite ville, ils lie pourraient tenir. Or, suyvant la forme que ledit seigneur a mandée pour semondre ledit pais, les ditz sieurs ont fait assembler, en la ville de Lescar, les gens des Trois Estaz pour faire effectuer la volonté du Roy et sienne ; lesquels il pourra sommer dans deux jours d’aujourd’huy qu’ils seront assemblez en corps avec le sindic. Et parceque dans cette troupe seront tous ceux qui, rondement et sans dissimulation, veulent de tout leur pouvoir faire effectuer la volonté de Sa Majesté, et qui de long tems se sont déclarez pour la faire exécuter, sans attendre si son ennemy éstoit fort ou foible et s’il a perdu la bataille ou non, pour suivre lèvent, ledit seigneur de Tarride est très humblement supplié de ne recevoir aucun autre que se présente à capitulation aucune, qui ne soit en cette troupe, laquelle se fait forte de toutes les villes, du peuple, du bas pais et des montagnes, sauf des [susdites] trois villes rebelles 1 , lesquelles ledit seigneur domptera aisément avec ledit pais et le canon. »

« Et semble à ladite noblesse , si ainsi le trouve bon, que le premier logis que ledit seigneur doit faire dans le pais doit estre aux Bordes d’Espoey 1 , aux villages de Nostin’ et de Somolon 4 , qui est le logis le plus apte et commode pour sommer de là

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