‹ Histoire de Beauvais et de ses institutions communales jusqu'au commencementChapitre 13 sur 47 · S 1. EUDES II DE BLOIS, COMTE DE BEAUVAIS · texte numérisé non relu

S 1. EUDES II DE BLOIS, COMTE DE BEAUVAIS

Eudes II de Blois, qui fut plus tard (en toig) premier comte de Champagne, eut pour père Eudes I^, comte de Blois, de Chartres, de Châteaudun et de Tours ^^^ Son grand-père paternel était «le célèbre Thibaut, comte de Chartres et de Blois, appelé par les historiens modernes Thibaut I*' ^^^ m. Sa mère se nommait Berte : c'était la fille de Conrad le Pacifique, roi d'Arles, et de Mathilde de France, laquelle était issue du mariage de Louis IV d'Outre-mer avec Gerberge, fille de l'empereur Henri l'Oiseleur.

('^ D^Arbois de Jubainville , //îj<. (ftff comtet par Eudes I". Nous verrons plus loin que de Champagne, t. I, p. 189. — Gel auteur rien ne Ta autorisé à le faire, ajoute Beauvais à la liste des comtes possédés (^) Loc, ciu

2« CHAPITRE m.

Berte donna à son mari quatre (ils : Robert, mort avant son père, Thibaut II, Eudes 9 et Thierry, mort jeune, plus une Glle nommée Agnès ^^^ Eudes I** mourut en 996 , et sa veuve se remaria quelques mois après avec le roi Robert IT. Thibaut II, qui avait succédé à son père, mourut lui-même sans postérité en iioA. Ainsi Eudes II, qui était né vers 988 ^'^\ resta maître de l'héritage paternel et fut aussi comte de Chartres, de Blois, de Ghâteaudun et de Tours ^^^ A tous ces titres, il joignit celui de comte de Beauvais.

Il n'y a aucun doute à avoir sur la possession par Eudes II du comté de Beauvais : le diplôme de 1 o 1 5 ^^^ est assez clair sur ce point. Mais d'où lui vint ce comté? D. Grenier ^^^ et M, d'Arbois de Jubaiûville ^^^ en font un héritage paternel.

On comprend assez cette opinion de la part de D. Grenier, puisqu'il supposait que le comté en question , après avoir appartenu à Bernard de âenlis, était passé ù Herbert III de Vermandois, puis à Thibaut l^ le Tricheur, comte de Chartres et de Blois , par le mariage de ce dernier avec Leudgarde de Vermandois. Mais aucun texte , aucune preuve ne peut être invoquée par D. Grenier ni par M. d^Atbois pour appuyer cette opinion. Nous devons cependant reconnaître que la maison dé Vermandois eut des domaines dans le comté de Beauvais. Adèle, fille de Robert de Vermandois, comte de Troyes, et femme de Geoffroi Grisegondle , comte d'Anjou, donna, le lâ mars 97^, au monastère de Saint-Aubin d'Angers sa terre d'Hondainville en Beauvaisis, curlem mihi apareniibtu traâiiam^'^K Mais cela est loin d'être suffisant pour prouver la possession du comté.

Un autre érudit, M. Longnon, dit que Eudes II de Blois avait pris pos* session du comté de Beauvais ((après que le comte palatin, Hugues de Beauvais, fut tombé victime d'un assassinat (^)}9. C'est encore là une assertion sans preuve ) et l'on peut même affirmer que ce comte palatin Hugues n'eut jamais de part au comté dont nous nousf occupons. Déjà Loisel^^^ était tombé dans cette erreur; aussi je crois bon d'y opposer les seuls faits connus.

<*) Hist. d$t eomtê$ de Champagne, l. I, <') Op, ciU, p. soa.

p. 1 90. Ainsi M. d*Arboi9 refuse de reconnaître ^^^ Pièce jastif. , n" I.

pour enfants d^Ëudes l^etde Berte i'évéque <*> CollecU, t. 169, foL 10.

de Beauvais, Roger, et sa sœur Héloise dont il ^*^ Op. cit., p. 189 et 90a.

sera parlé plus loin. (Noie de la page 190.) ^^^ Historiene de France, t. IX, p. 970. —

(^ Jbid., p. 169, note. — Pour établir Chronique dee égUee» d^ Anjou, édit Société

cette date, M. d*Ârbois se fonde sur ce que, de l'histoire de France, par Marchegay et Ma-

lors da mariage de Berte avec le roi Robert, bille, p. 90.

Eudes était qualifié de parvulut, (Hietoriene ^*^ Atku histor. de la France, p. 991.

de France, I. X, p. su A.) (*) Mémoires. . ., p. lâo, lâi.

Get Hugues de Beauvais fut le précepteur [educator) du roi Robert II (^. Eu cette qualité, il jouit d'un certain crédit à la cour de soU' élève, dont il resta conseiller. Jamais il n'a porté le titre de. comte de Beauvais. Quand il souscrivit des diplômes, il s'appela j?«^ cames ^^^; quand les historiens contemporains parlèrent de lui, ils dirent Hugo Bdvaceiwi8^^\ En bonne logique, on ne peut donc pas conclure qu'il fut un des comtes de notre ville. Le titre de cames lui vint de ce que le roi Robert honora son ancien précepteur de la dignité de comte palatin ^^). Quand il fut assassiné en looS^^^ ce titre de comte palatin passa à Eudes II de Blois et par lui dans la famille des comtes de Troyes, où il devînt bék^ ditaire ^^\ll n'est donc pas étonnant qu'on se soit mépris à ce sujet Hugues ne parait pas, du reste , avoir eu des possessions dans le comté de Beauvai». L'évéque d'Orléians, Foulque (''^ lui avait donné des propriétés de l'église Sainte^roix ^^\ d'où Loisel^^^ en avait conclu qu'il avait été avoué* de cette église. Le roi Robert lui avait encore cédé l'église de Neuvy ^^^\ Un certain Hugo cames est recommandé aux prières des moines de Saint-Lucien de Beauvais ^^^^; si c'est le même personnage que le précepteur de Robert II (^^), on. saurait seulement qu'il posséda dans le Beauvaisis des salines sises à la Rue-Saint-Pierre ^^^K

U est donc assez difficile de savoir comment le comté de Beauvais est

(O Pfister, Étude «ur Is règne du roi Bobert^ {6à* fasdcale de la Bibliothèque de PÉcole deê Haute» -Étudee), Catalogue, n'i.

(*) Id., tU^,.p. ufiii, n* III, el p. lxu, n* xxtii.

<s} Helgaad, Vàa fîoè^Ht {Hiet. de France, 1. X, p. io5 B). — Raoai le Glabre, lîv. Ul, eh. 9 (édit. Maurice Proa, p. 58).

W Raoul le Glabre, ibid,

<*) Pfister, Catal. , n* ho.

W Id.,tUif., p. i36.

<') Foulque, avant d'étre'évéque d^Orléans, avait d^abord été abbé de Saint-Lucîen de Beaavais. D'autre part, le nom de Hugues de Beauvais* indique assez Torigine de ce personnage. U n'est donc pas étonnant que Tancien abbé de Saint-Lucien. ait accordé ses faveurs, même d'une façon illicite, à l'un de ses compatriotes fort en faveur auprès du roi. (Cf. HùL de Samt-'Lucien de Beauvaie, Bibl.

nat., ms. fr. 198^3, fol. s6.)

<>) Pfister, CataL, n" ko.

(*) Mémoiree. • •, p. iA5.

^*) Loiret, arrondiasement d'Oriéansi ton de Jargeau. — PGsler, p. 107.

(^') 17 noH.jul. Hugo comee , qui dédit eaUnae im terra Rue, { NécroL de Saînt-Lurien de Beauvais, fol. 65 , rapporté par D. Grenier, CoOeeL , t. XI, 9* paq*) n* 3,' et par Danse, Borel et Bncquet, p. 383, n. G.) — Loisei (p. tàk) semble avoir connu cette mention d'obitnaire, mais il la date du vi des ides de juillet, et il se borne seulement à rapporter le nom Ifti^o comee,

(") Il se pourrait fort bien , en effet, que la mention de l'obituaire de Saint-Loden se rap» portât à une autre personne. En 1 1 86 , on trouve en effet un Hugo comee souscrivant un acte par lequel Payen de Hardivillers cède à Saint-Lazare le muids de froment qu'il prenait à Villers-Saint-Paul sur la grange dud.

Saint-Lazare. (Arcb. de Troussures E, liasse n** 3, pièce I, p. 9.) Si Ton connaissait la date de robituaire, cette difficulté n'eiisterait peutrétre pas.

t*^) Oise, arrondissement et canton de Glermonf.

venu entre les mains d'Eudes II de Blois. Le diplôme de i o 1 5 lui-même n'est pas très explicite sur ce point, et les expressions qu'il emploie ont pour nous un sens trop vague. Il faut se contenter d'inscrire le nom d'Eudes parmi les comtes de Beauvais et se résoudre à ignorer par quelles mains le comté a passé depuis Bernard, au milieu du x" siècle, jusqu'à Eudes, au commencement du xi*.

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