‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 106 sur 286 · Arch. Nat., secl.hist., JJ81, n · texte numérisé non relu

Arch. Nat., secl.hist., JJ81, n

3. Déposition de Friquet , gouverneur de Gaen, dans Secousse, Preuves des Mémoires sur Charles II, roi de Navarre, p. 60.

plot ayant été découvert, Charles le Mauvais administre à ce même duc de Normandie, naguère sa dupe, sinon son complice, un poison terrible dont ce jeune prince se ressentit pendant le reste de sa vie*. En 1358, pour se rendre populaire, il invite à sa table « un marchand de vin de petit état », alors maire de Rouen ' ; il recherche Talliance de Marcel et de la commune de Paris dont il se fait nommer capitaine, et il extermine sans pitié les Jacques alliés des Parisiens ; il s'empare par trahison de la personne de Guillaume Cale, que les paysans révoltés s'étaient donné pour chef et qu'ils appelaient leur roi, et lui met sur la tête un trépied de fer rouge'. Le dimanche 8 juillet de la même année, il jure sur la sainte hostie « d'être avec le régent contre tous* »; et lorsqu'il prête ce serment, il est depuis plus d'un mois en pourparlers avec Edouard III pour conclure un traité tendant au partage de la France à son profit et au profit du roi d'Angleterre*.

Cet hypocrite scélérat prodiguait ses faveurs aux geni d'église; ses lieutenants en Basse-Normandie furent longtemps Robert Porte, éyêque d'Avranches, l'abbé de Cherbourg et Gui Quieret, chanoine d'Amiens et archidiacre de Glasgow. Il avait dans un recoin de son palais une pharmacie destinée aux « secrètes besognes de monseigneur », c'est ainsi qu'on désignait parfois ce terrible laboratoire. Il vivait dans les meilleurs termes avec les

1. Froissart, Chroniques, I. H, chap. lxz, éd. du Panthéon littéraire, t. n, p. 110.

Page 1