Raynaldi, AnncUea, adannum
3. Rymer, vol. III, p. 348 à 351. Cette trôve fut signée à Bordeaux le 33 mars 1357, et le prince de Galles s'embarqua pour TAngleterre en compagnie du roi Jean le mardi 11 avril suivant. Cf. Chroniques de J. Frois- ^art, t. V, p. XX et xxi.
et le bailli de Caux ; du côté du roi d'Angleterre, un che~ valier que Philippe de Navarre était chargé de désigner ultérieurement. Malgré ces précautions, la trêve du 23 mars ne fut guère observée dans le cours de l'année 1357, du moins en Bretagne et en Normandie. Les garnisons anglaises cantonnées dans ces deux provinces trouvèrent le moyen de Téluder en guerroyant sous le couvert de Philippe de Navarre qui refusa d'y donner sa sanction, et bientôt même ces Anglo-Navarrais ne gardèrent plus aucune retenue lorsqu'à la Gn de 1357 ils furent excités sous main et se sentirent soutenus par Charles le Mauvais, évadé de sar prison d'Arleux*.
On chercherait vainement dans l'histoire un personnage plus repoussant que Charles II, roi de Navarre. Si le crime est odieux, la perfidie est à la fois odieuse et méprisable; or Charles le Mauvais fut la perfidie en personne. Il y avait du serpent et du tigre dans ce petit homme d'allure féline, à l'œil vif, au regard chatoyant, d'une faconde intarissable, qui faisait d'abord patte de velours même aux gens qu'il voulait égorger. Le roi Jean l'avait comblé de témoignages de sa bienveillance, il lui avait donné sa fille, il l'avait nommé en 1351 son lieutenant en Languedoc '. Le gendre acquitte sa dette de reconnaissance en faisant assassiner à la faveur d'un guet-apens, le 6 janvier 1354, Charles d'Espagne, connétable de France, le favori de son beau-père. Le roi de Navarre vient à peine d'obtenir son pardon qu'il s'efforce d'entratner le jeune dauphin dans un complot tendant à jeter Jean en prison et à le faire mourir'. Le com-