‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 11 sur 286 · Ibid,, t. lï, f*« 139 V et · texte numérisé non relu

Ibid,, t. lï, f*« 139 V et

mari de Jeanne de Penthîèvre, aussitôt qu'on peut le suivre pas à pas dans sa carrière au grand jour de l'histoire, nous est un sûr garant de la conduite que le jeune écuyer dut tenir pendant la période à peu près inconnue de sa vie.

La lutte entre les deux compétiteurs à la succession de Bretagne, éclate dès la seconde moitié de Tannée 1341. Jean de Montfort s'empresse de prendre les devants sur son adversaire ; mais bientôt, assiégé dans Nantes par Charles de Blois et Jean, duc de Normandie, fils aîné de Philippe de Valois, il est fait prisonnier, emmené à Paris et enfermé à la Tour du Louvre. Jeanne de Flandre, femme de Montfort, dont Froissarl dit « qu'elle avait le courage d'un homme et le cœur d'un lion », continue la lutte à la place de son mari; et, si une trêve de quelques semaines est conclue à Brest le l*"" mars 1342, Jeanne en profite pour appeler les Anglais à son secours. Edouard III saisit avec empressement cette occasion de prendre sa revanche de l'appui prêté par le roi de France aux Écossais, et il envoie en Bretagne, d'abord Gautier de Masny *, ensuite Robert d'Artois, l'ennemi personnel de Philippe de Valois, avec des forces imposantes. C'est à l'occasion du secours amené par Gautier de Masny que se passe cette scène si dramatique qui a rendu le nom de Jeanne de Flandre populaire. Charles de Blois est campé devant Hennebont où la femme de Montfort s'est enfermée, et soumet cette place au plus étroit blocus. Après plusieurs mois de résis-

1. Ce brave chevalier^ originaire du Ilainaul, appartenait à la famille des seigneurs de Masny (Nord, arr. et c. Douai). Aussi c'est à tort que Tusage s'est introduit de donner & Gautier le nom de Mauny. Il importe de rétablir ici la vraie forme, afin qu'on ne soit pas tenté de rattacher par un lien quelconque le lieutenant d'Edouard aux Mauny, de Bretagne, cousins de du Guesclin.

tance, les assiégés sont au comble de la détresse, et ils parlent déjà de se rendre. Cependant l'héroïque princesse, qui ne veut à aucun prix entendre parler d'un arrangement, passe les jours et les nuits au sommet d-une tour à regarder du côté de la mer si elle ne verra point enfin apparaître le secours promis. Après des semaines d'attente, au moment où Ton se dispose & remettre les clefs de la forteresse aux assiégeants, tout à coup Jeanne de Flandre voit blanchir à l'horizon la flotte anglaise qui remonte le Blavet et cingle à toutes voiles vers Hennebont. Elle pousse alors ce cri ou plutôt ce rugissement de joie qui, le génie de Froissart * aidant, a retenti jusque dans la postérité.

Robert d'Artois est tué dans une escarmouche, vers la fin de 1342. Le roi d'Angleterre passe la mer à son tour et vient en personne renforcer ses gens d'armes; il débarque à Brest dans le courant du mois d'octobre. Peu avant son arrivée, s'il faut en croire Froissart, un détachement des forces anglaises a mis le siège devant Rennes % sous les ordres des comtes de Salisbury, de Pem-

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