‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 128 sur 286 · Manche, arr. Goutances, c. Périers · texte numérisé non relu

Manche, arr. Goutances, c. Périers

deux chevaux, les ramènent avec eux comme une proie et ne les renvoient chez elles qu'après les avoir violées ^ On ne pouvait entreprendre alors le plus petit voyage^ si Ton n'avait eu soin de se munir préalablement d'un ou même de plusieurs sauf-conduits achetés à prix d'or. Une distance d'une douzaine de lieues sépare, comme on sait, Coutances deValognes. Eh bien, pendant ces tristes années, il ne fallait pas moins de trois sauf-conduits pour se rendre en toute sécurité de Tune de ces villes à l'autre : un sauf-conduit français délivré moyennant finance par la garnison de Coutances, un sauf-conduit anglais par celle de Saint-Sauveur, un sauf-conduit navarrais par celle de Valognes. Un porteur de pardons, passant en 1358 par le « chemin royal * » de Yalognes à Coutances, est massacré dans le bois du Plessis ', près de Saint-Jores *, par quelques habitants de ce dernier village, parce qu'il venait du clos de Cotentin et qu'on l'avait trouvé pourvu seulement d'un sauf-condnit navarrais^ Deux marchands de Caen, Jean Pèlerin et Pierre Je Vignon, voulant en 1359 transporter de la guède' à Cherbourg, se font délivrer un sauf-conduit français par Henri de Thiéville,

1. Ces violences furent commises en 1357, mais Hicbard Condran n'obtint qu'en 1382 des lettres de rémission qui lui furent délivrées par Charles VI (JJ 121, n* 145). Richard, dit Condran, fut anobli le mercredi 30 no> vembre 1373 (JJ 105, n* 58). Deux manoirs que possédait à Périers Colin Condran, père de Richard, avaient été brûlés et détruits par les Anglais • qui longuement demeurèrent et firent fort en la dilte ville. • Arch. Nat., sect. hist., JJ 121, n* 130, f* 72.

2. • Passant par le chemin royal dont l'en vient du clos de Coustentin à nostre ville de Coustences, par après le bois du Plesseis près Saint Georges. • JJ 87, n* 107.

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