‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 140 sur 286 · Chonique» de J. Froissât t, t. V, p · texte numérisé non relu

Chonique» de J. Froissât t, t. V, p

7. Un lit dans Knyghton, à la date de 1358 : « Tune Robertus Cnollys misit in Angliam ad regem quod, quœcunque adquisicrat in regno Fran- •ci», castella, villas, catalla et quœcunque alia, bene voluit omnia esse ad

tache d'Auberchicourt, qui occupe à la même époque Nogent-sur-Seîne, Pont-sur-Seine et une foule d'autres forteresses situées entre la Seine et la Marne, prend le titre de lieutenant du roi de Navarre; au fond, son véritable chef est Edouard qu'il sert depuis longues années. Au moment même où il rançonne la Champagne et la Brie sous le couvert de Charles le Mauvais, il est Tamant de la propre nièce de la reine d'Angleterre, d'Isabelle de Juliers, comtesse douairière de Kent, qu'il finit par épouser en grande pompe. Émerveillée des exploits de ce chevalier, cette princesse lui envoie de son château de Wingham en Kent des haquenées, des coursiers, des lettres d'amour qui redoublent l'ardeur d'Eustache pour ce que Froissart son compatriote appelle les belles bacheleries et grandes apertises d'armes'. La nature vient ajouter ses rigueurs à tous les autres fléaux, et Pétrarque a peint dans une de ses lettres l'hiver de 1358-1359 sous les plus sombres couleurs*.

Désireux de mettre un terme à tant de maux et aussi de recouvrer sa liberté, le roi Jean signe à Londres, le 24 mars 1359, un traité désastreux pour la France. Par ce traité, il abandonne à Edouard la Normandie, la Saintonge, l'Agenais, le Bigorre, le Périgord, le Limousin, le Quercy, le Poitou, l'Anjou, le Maine, la Tourainc, le Pontieu, Guines, Boulogne et la suzeraineté de la Bretagne ; c'est, comme on le voit, la cession aux Anglais de la moitié occidentale du royaume. Jean s'engage en outre à payer pour sa rançon quatre millions

voluntatem legii domini sui régis disponere de eis ad suum placitum. Et rogavit regem de suo dominio et bona sua voluntate, et multum placuit régi cunctisque fliiis suis. • Twysden, Hist. Angl. Script,, t. U, col. 2619 p. 2620.

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