Chroniques de J. Froissart, t. V, p. 1&8 à
3. F. Petrarcœ epist. famil., éd. Fracassetti, vol. IH, p. 48 et 49. Cf. Villani, Chron,, liv. IX, chap. it.
d'écus d'or \ Guillaume de Melun, archevêque de Sens, les comtes de TancarVUle, de Dammartin et Arnoul d'Audrehem, apportent à Paris le texte de ce traité. Sans tenir rancune aux États du rôle qu'ils ont joué à la fm de 1357 sous l'influence de Robert le Coq et d'Etienne Marcel, le régent convoque aussitôt, pour le 19 mai suivant, les gens d*église, les nobles et les députés des bonnes villes. Peu de députés osent répondre à son appel. Les Anglo-Navarrais infestent toutes les routes, et les garnisons françaises n'inspirent pas moins de crainte aux voyageurs que les ennemis eux-mêmes. En présence de tout le peuple, Guillaume de Dormans, avocat du roi au Parlement, lit cette convention honteuse qui divise le royaume en deux parts pour en livrer une aux ennemis de la France. Cette lecture excite l'indignation de l'assistance. Les États sont d'avis que le traité « n'est passable ni faisable », et que la seule manière de répondre dignement à de telles propositions, c'est « de faire bonne guerre aux Anglais * ».
Edouard est transporté de colère en apprenant que le dauphin et les États refusent de ratifler le traité. Dès ce moment, il forme le projet d'envahir de nouveau la France; il n'attend, pour mettre ce projet à exécution, que l'expiration de la trêve dont le roi Jean a obtenu, le 18 mars, quelques jours avant de souscrire aux conditions indiquées plus haut, la prorogation pour trois mois •.
Le régent, prévoyant Forage qui va fondre sur le royaume, se prépare à y tenir tête. Il entame avec Valdemar III, roi de Danemark, des négociations acti-
1 . Cet important docament a été retrouvé à Poitiers et publié par M. Lecoiotrc-Dupont. Bévue anglo-française, t. I, p. 388 à 403.