‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 143 sur 286 · Oise^ arr. Gompiègnej c. Estrées-Saint-Denis · texte numérisé non relu

Oise^ arr. Gompiègnej c. Estrées-Saint-Denis

3. Guillaume rAloue, par Siméon Luce. Nogent-le-Rotrou, 1875, broch. in-8 (extrait du Bulletin de la Société de V Histoire de France, annéo 3875).

TAIoue perd la vie dans un combat où ses paysans ont tué plus de cent ennemis, dont vingt-quatre chevaliers, mais il laisse un valet, véritable type du bon géant, le Grand Ferré, qui se charge de venger son mattre dont il surpasse encore l'héroïsme. Si la postérité a retenu les noms de l'Aloue et du Grand Ferré, c'est- que ces humbles héros ont inspiré à l'un des continuateurs de Nangis, à leur compatriote Jean de Yenette S quelques pages immortelles. Dans ces pages, écrites en latin, un latin, il est vrai, tout vivant et en quelque sorte frémissant d'inspiration, le sentiment national tel que nous l'entendons aujourd'hui prend, peut-être pour la première fois, cet accent d'ardeur militante qu'avait surtout la foi religieuse dans les productions des âges précédents. C'est, à vrai dire, Tavénement d'un genre alors original, de ce qu'on pourrait appeler déjà la littérature patriotique.

Ce touchant épisode de la défense de Longueil-Sainle- Marie par une garnison de paysans nous fournit l'occasion de citer un fait, jusqu'à présent inconnu, où l'esprit nouveau que du Guesclin apporta dans la manière de faire la guerre apparaît dans tout son jour. Loin de partager les préventions de la plupart de ses contemporains contre l'emploi des vilains dans les armées, Bertrand, même lorsqu'il fut parvenu au faite des honneurs militaires, allait chercher de préférence ses soudoyers parmi les manœuvres dont la profession nécessite une certaine adresse ou une grande force physique; et les actes mentionnent des batteurs en grange, des charrons, des forgerons, des tonneliers *, qui fureiït

1. Coniinuatio chroniei Guillelmi de NangiacOf éd. de Géraud, (. U^ p. 288 à 293.

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