‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 144 sur 286 · Arch. Nat., sect. hist., JJ 97, n · texte numérisé non relu

Arch. Nat., sect. hist., JJ 97, n

enrôlés par le connétable de Charles V. On n'est donc nullement surpris, mais Ton n'en est pas moins charmé, d'apprendre, grâce à un document récemment découvert, que l'illustre capitaine, dont le nom représente avec tant d'éclat la résistance victorieuse aux Anglais envahisseurs, recueillit dans les rangs de ses soldats quelques-uns des anciens compagnons d'armes de Guillaume l'Aloue ^

Informé des préparatifs formidables que fait Edouard pour envahir la France, le dauphin comprend que le premier besoin est de pourvoir à la sûreté de la capitale du royaume. A peine âgé de vingt-trois ans, le régent est déjà assez maître de lui pour ne garder aucun ressentiment ni contré les hommes ni contre les institutions, et assez sérieux pour n'avoir pas peur des mots; â l'utilité publique, au bien général, il subordonne volontiers tout le reste et laisse de côté la forme pour ne s'attacher qu'au fond des choses. Les Parisiens désirent avoir un capitaine chargé spécialement de protéger leurs personnes et leurs biens dans tout le ressort de la vicomte. Ce titre de capitaine de Paris rappelle les plus fâcheux souvenirs, puisqu'il a été créé l'année précédente en faveur de Charles le Mauvais par Marcel et ses partisans. Mais le régent sait que les bourgeois de sa bonne ville, entraînés en 1358 par quelques meneurs, sont revenus à de meilleurs sentiments, dont ils viennent de donner la preuve aux États du 19 mai, et il n'hésite pas à satisfaire leur désir. Le I*' juin, il institue Régnant de Gouillons, chevalier, ancien sénéchal de Poitou, capitaine général de la ville de Paris et de Lagny. 11 lui confère en môme temps, au point de vue militaire, pleins pouvoirs dans toute la prévôté et vicomte qu'il consent

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