‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 148 sur 286 · JJ 90, n · texte numérisé non relu

JJ 90, n

Cette paix n'était, comme quelques-uns le soupçonnèrent ' au moment où elle fut conclue, qu'une nouvelle trahison du roi de Navarre. De même qu'après le traité secret 4u l*'août 1358 les soudoyers anglais avaient fait la guerre au régent au nom de Charles le Mauvais , de même après la paix de Pontoise les gens d'armes navarrais continuèrent cette guerre sous le couvert du roi d'Angleterre. Dès le 18 novembre, à la faveur d'un saufconduit accordé par le régent sur les instances de son nouvel allié , Jean de Grailly , captai de Buch, prend un matin, par escalade, au moyen d'échelles de corde et de grappins d'acier, l'importante forteresse de Clermont en Beauvaisis'. A la fin de décembre, on trouve la main du roi de Navarre dans un complot formé par un certain nombre de bourgeois de Paris, dont Martin Pisdoue était le chef, pour renverser le régent •. Un témoin contemporain , qui achevait en cette année la rédaction de sa chronique , Jean le Bel , prétend même que Charles le Mauvais essaya alors de faire assassiner à la chasse * le duc de Normandie.

C'est au milieu de ces difiQcultés, de ces embûches , que le jeune dauphin doit se préparer à soutenir une des plus terribles invasions que la France ait jamais subies. Dès le commencement d'octobre, le duc de Lancastre ravage l'Artois et la Picardie. Enfin, le 30 du même mois, après des préparatifs longs et formidables, Edouard débarque à Calais à la tête d'une armée immense, et commence cette campagne d'invasion qui parait avoir été une merveille d'organisation militaire.

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