‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 15 sur 286 · Dom Morice, Histoire de Bretagne, 1. 1 , p · texte numérisé non relu

Dom Morice, Histoire de Bretagne, 1. 1 , p

ration, plusieurs seigneurs appartenant à des familles dévouées à Charles de Blois, se jettent dans le parti de Montfort. De ce nombre est. Olivier du Guesclin , oncle de Bertrand, mais son infidélité dure peu, et il se rallie au mari de Jeanne de Penthièvre dès le commencement de 1345*.

Pendant la première moitié de 1344, Charles de Blois envahit à la tête d'une puissante armée la partie de la Bretagne occupée par les Anglais auxiliaires de Montfort, et ses opérations sont couronnées d'un tel succès que Jeanne de Flandre doit quitter le duché ; elle va chercher un refuge * en Angleterre et demander du secours à Edouard III, son allié. La plus mémorable de ces opérations est le siège de Quimper. Cette ville est emportée d'assaut le 1" mai 1344*, au dire d'un témoin oculaire. Dans leur enthousiasme pour les vertus chrétiennes de Charles de Blois , les Bretons prétendent que la mer, qui vient en marée par la rivière d'Odet baigner les murs de cette ville^ a arrêté son flux pour laisser

1. En exécution d*un mandement de Philippe de Valois daté de Paris le 24 décembre 1344^ Charles, duc de Bretagne, vicomte de Limoges, siro de Guise et de Mayenne, accorda des lettres de rémission en janvier 1345 (n. st.) à un certain nombre de chevaliers bretons parmi lesquels figurent Olivier du Guesclin, Amauri de Clisson, Raoul de Cahors, Olivier de Spinefort, Henri de Kaer, Jean de la Forêt, chevaliers; Guillaume Giflart, Alfred de Saint-Gilles, Henri de Spinefort, écuyers. Arch. Nat., sect. hist., JJ75, n-148à 161, f* 78 et 79.

2. Par lettres du 10 juillet 1344, Edouard lU assigna pour résidence à la comtesse le château de Tykil. Rymcr, vol. HI, p. 17.

3. • Pnesens fuit et vidit quadam die, quœ fuit in prima die mensis matt ultimo lapsa, fuerunt viginti octo anni elapsi » (déposition faite en 1371 par Guillaume Anseau, écuycr, dans Tenquêtc pour la canonisation de Charles de Blois ; Bibl. Nat., dép. des mss., fonds latin , n" 5381, 1. 1, ^ 272, V*.} — La date de l'année n'est pas exacte, mais elle est restituée dans une autre déposition, celle de Jean du Plcssis, écuyer : « modo sunt viginti septem anni elapsi. • /6id., ^ 279 V. Cf. f« 305 v et 331; t. U, f" 200, 220 V, 221 et 227 V.

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aux assiégeants le temps de s'en rendre maîtres. Ce qui parait malheureusement certain, c'est que les vain* queurs commettent des atrocités au moins sur la po* pulation laïque, pendant que leur chef court à la cathédrale de Quimper pour remercier Dieu de sa victoire. Charles de Blois déploie un grande activité dans le cours de cette campagne. Nous le trouvons & Tautre bout de la Bretagne faisant le siège de Guérande le 18 août suivante Vers le milieu de 1344, le parti de Monifort semble abattu , et Tanneguy du Ch&tel luimême fait sa soumission ^.

Philippe de Valois vient encore une fois compromettre une situation aussi prospère par de nouvelles violences. La veille de Pâques 1344, il donne Tordre d'attacher au gibet Guillaume Bacon, Jean Tesson, sire de la Roche- Tesson, Richard de Percy, après leur avoir fait trancher la tête. Un autre seigneur breton, Henri de Maiestroit, qui se prévaut de sa qualité de diacre, est lapidé par la populace de Paris'. Aussi Tannée suivante n'est marquée que par des revers pour le parti français en Bretagne. Le retour dans le duché du comte de Hontfort qui réussit à s'échapper de sa prison du Louvre et meurt & Hennebont le 26 septembre 1345, Tarrivée sur le théâtre de la guerre du comte de Northampton, nommé par Edouard le 24 avril lieutenant général en Breta-

t. Aocun des historiens de Bretagne^ sans excepter dom Morice et dom Lobineau, n*a connu le siège de Guérande dont il s'agit ici. Nous avons signalé pour la première fois et analysé la pièce qui établit ce fait historique dans notre édition de Froissart. Chroniques de J. Froissart, t. IV, p. zv, note 3.

2. Au mois de novembre 1344, Philippe de Valois accorda des lettres de rémission à « Tiengui du Chasteau, ch", pour plusieurs excès et maléfices durant les guerres et rebellions de Bertaigne ». JJ 75, n" 23Sj

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