La trêve ne devait expirer que le jour Saint-Michel
2. On lit dans la Chronique de Flandres et les historiens de Bretagne (Dom Morice, t. I, p. 268} ont répété que Guillaume de Monlaigti, comte de Salisbury, pour se venger d*une violence qu'Edouard UI aurait faite à 4a comtesse de Salisbury en l'absence de son mari, serait passé en
emprisonné au Châtelet sans autre forme de procès, ce chevalier est traîné, sur réchafaud le 2 août 1343. Sa tète est même envoyée à Nantes et mise au bout d'une pique sur la porte de Sauvelour*. Quatre mois après, le 29 novembre, six autres chevaliers et quatre écuyers bretons sont aussi exécutés sans jugement à Paris aux halles de Champeaux*.
Blâmables en tout état de cause, ces mesures sanguinaires sont surtout impolitiques en raison des caractères auxquels elles s'adressent. Ce n'est pas par la terreur qu'on prend les Bretons. Philippe de Valois s'aliène davantage ceux qu'il veut intimider, et nuit beaucoup à la cause de Charles de Blois son neveu, en croyant la servir. De telles violences ont pour effet immédiat, par la réprobation universelle qu'elles soulèvent en Bretagne, de rompre la trêve de Malestroit La guerre se rallume aussitôt avec plus de fureur qu'auparavant. C'est alors, comme nous avons eu déjà l'occasion de l'indiquer, que Jeanne de Bellevillc , dame de ClissoUy dont le mari a été décapité, s'introduisant par la ruse dans un château occupé par des gens d'armes au service du roi de France, fait passer au fil de l'épée toute la garnison *. Dans le premier moment d'exaspé-
France en 1344, où il aurait livré à Philippe de Valois les engagements pris par Olivier de Ciisson, Godefroi de Harcourt et autres chevaliers avec le roi d'Angleterre j mais c'est là un conte qui ne résiste pas à l'examen des actes. Le 20 mars 1343, Edouard III écrit pour recommander à quelqu'un un cousin de son amé et féal comte de Salisbury, maréchal d'Angleterre (Rymer, vol. II, p. 1221). Le 2 septembre suivant, il donne au dit comte une mission de confiance en le députant vers le roi de Castille {Ibid.j p. 1233). Le comte de Salisbury avait été prisonnier du roi de France qui le mit en liberté le 11 juin 1342. Arch. Nat., J 362, n* 1.
1. Nous avons publié |>our la première fois le procès-verbal de son exécution. Chroniques de J, Froissartj t. III, p. ix, note 3.