Arch. Nat., sect. hist., JJ 93, n
engagements contractés avec les Compagnies anglaises ou navarraises. En novembre 1358, des soudoyers licenciés par le prince de Galles, qui se sont emparés malgré la trêve d'une forteresse du comté d'Anjou, mettent en liberté provisoire un de leurs captifs. Celui-ci ne parvient point à payer sa rançon dans le délai convenu, et pourtant il refuse de retourner en captivité. Furieux de ce manque de parole, Jean de Saintré donne Tordre d'enfumer le débiteur des Anglais dans une caverne où il a essayé de se dérober aux poursuites K
Les brigands n'ont aucune espèce d'égards pour les prisonniers qui tombent entre leurs mains. Pour les emporter dans leurs forteresses, tantôt ils les chargent sur des chevaux et leur lient les jambes par-dessous le ventre de ces chevaux'; tantôt ils les mènent en laisse comme des chiens*. Un de leurs divertissements est de briser les dents des paysans à coups de cailloux et de leur couper les poings*. Jean de Forges, chevalier, capitaine de Lingèvres*, crève les yeux, coupe le nez, les lèvres et le menton d'un vilain qui a engrossé sa sœur*. Il n'est pas de tortures que les captifs des brigands n'aient à endurer, s'ils refusent de se mettre à rançon ou d'accorder la somme qu'on exige d'eux. Ici, ils ont deux ou trois pots de cuivre suspendus aux mains et autant de chaudrons attachés aux pieds, aHn qu'ils ne puissent faire le moindre mouvement sans qu'on s'en aperçoive, et on leur tenaille les pouces avec