JJ 90, n
4. « Pour ce que c'estoit ou pais qui lui estoit rançonné. » Bibl. Nat., Quittances, t. XV, n* 193.
Si, maintenant que Ton connaît les Compagnies et leur manière d'être , on réfléchit en outre que les hommes d'armes au service du régent, au lieu de protéger les populations, consomment souvent l'œuvre des brigands; que, par exemple, un chevalier, Gilles, seigneur et capitaine au nom du roi de France de Maligny en Auxerrois, n'a pas honte de voler trente chevaux à des charretiers qui amènent à Paris plusieurs tonneaux de vin de Bourgogne * ; que les garnisons françaises veulent, à leur tour, faire financer les paroisses voisines des forteresses anglo-navarraises, sous prétexte que ces paroisses ont déjà composé avec les ennemis du royaume*; que, sous le même prétexte, tel capitaine à la solde du régent va jusqu'à piller et brûler les maisons des laboureurs qui refusent de lui payer les amendes auxquelles il les a condamnés comme tributaires des brigands*; que, pour affamer les envahisseurs, on oblige les paysans à apporter toutes leurs provisions dans les places fortes et qu*on défend d'en laisser sortir quoi que ce soit, d'où il arrive que ceux qui restent à travailler dans les champs n'ont rien à manger * ; que les villages rançonnés aux Compagnies sont en guerre ouverte avec ceux qui ne le sont pas * ; si, dis-je, on