‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 190 sur 286 · I. Fr<>isnrt. Chi>«,i;ufs^ lir. II. chap. u · texte numérisé non relu

I. Fr<>isnrt. Chi>«,i;ufs^ lir. II. chap. u

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seulement attirés vers le Comtat par Tappât du pillage; ils ont en outre contre la Ck)ur d'Avignon un grief capital dont ils poursuivent la vengeance avec une ardeur implacable. C'est le pape Innocent YI qui, après quatre années d'efTorts incessants, a enQn amené, par Tiiitermédiaire de son légat Androuin de la Roche, les rois de France et d'Angleterre, à conclure la paix de Brétîg^ny : voilà, à notre avis du moins, le crime irrémissible que les Hawkwood et les Creswey ne pardonnent pas au souverain pontife. Aussi, c'est au lendemain de la sig'nature du traité que les gens des Compagnies, après avoir réuni leurs bandes, se mettent en marche pour envahir le Comtat; et il est surprenant que la coïncidence de ces deux événements n'ait pas donné Téveil aux historiens sur la véritable cause de la guerre ouverte, et Ton peut dire systématique, que les chefs de ces brigands firent à la papauté après Brétigny. C'est comme s'ils avaient dit à Innocent YI : <c Ces armes dont nous vivions et que vous voulez nous contraindre à déposer, nous allons, pour nous venger, les tourner désormais contre vous. » Quand ils prennent à tâche d'affamer le Saint- Père dans Avignon, c'est moins contre le pape qu'ils s'acharnent que contre le pacificateur de la chrétienté *- Quoi qu'il en soit, lorsque Jean Chandos prend possession au nom du roi d'Angleterre, du commencement de décembre 1361 & la fin de mars 1362% des principales places du midi de la France que le maréchal Boucicaut a reçu mission de lui livrer, beaucoup de

1 . « Etiam continuo non formidant contra nos et dictam curiam et, ut verbis eonim utamur, contra univeraam christianitatem, nequiter cornniinando et nostram isto modo patientiam obstînata contumacia conlemncndo. » Martene, Thts. Anecdot., t. U, col. 864.

2. Procis-verbal de délivrance à Jean Chandos, pablic par Bardonnet, Niort, Clouzot, 1867, p. 69 à 116.

soudoyers qu'on licencie à cette occasion viennent encore grossir les rangs des Compagnies. Le flot devient si puissant qu'il menace de tout emporter. Il faut opposer sans retard une digue à ses débordements ^ Le roi de France le comprend enfin et charge, à la fm de mars 1362, Jean de Melun, comte de Tancarville, qu'il a nommé le 25 janvier* précédent son lieutenant dans le duché de Bourgogne, de marcher avec toutes ses forces contre les Compagnies qui se concentrent comme en décembre 1360 dans la vallée du Rhône. Le comte de Tancarville et Jacques de Bourbon, comte de la Marche,- qui prend part aussi à l'expédition avec Pierre de Bourbon son flls et Louis, comte de Forez, représentent cette chevalerie courtoise, galante, brave, mais d'une bravoure inconsidérée, qui s'est fait battre à Poitiers six ans auparavant . Hélas I la leçon ne leur a nullement profité. En Angleterre où ils ont vécu en compagnie du roi Jean, dont ils sont les favoris, pendant les quatre années qui ont suivi le désastre, ils ont passé leur temps à se faire adorer des dames, mais ils n'ont rien vu de ce merveilleux ensemble d'institutions par où Edouard a réussi à assurer sa suprématie militaire. Aussi, une dernière humiliation leur est réservée, et cette noblesse, aussi folle qu'intrépide, videra jusqu'à la lie son calice de honte. Les chefs des Compagnies, Jean Hawkwood, Jean Creswey, Briquet, n'ont sous leurs ordres qu'un ramassis de brigands, réunis du jour au lendemain, étrangers les uns aux autres par la nationalité, sinon même par la

t. Le 13 janvier 1362, Innocent VI, qui savait Tinfluence prépondérante qu'Edouard III eût été capable d'exercer et qu'il n'exerçait pas avec une énergie suffisante pour empêcher les principaux chefs des Compagnies de s'abandonner en France k toute sorte d'excès, somma le roi d'Angleterre, pour Vamour de Dieu et le salut de son âme, d'exécuter intégralement le traité de Brétigny. Rymer/ ol. III, p. 634.

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