‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 197 sur 286 · nymer, vol. III, p · texte numérisé non relu

nymer, vol. III, p

tiennent sur le continent, et que les Anglais ont jusqu'alors occupées en son nom^ Edouard s'est réservé seulement, à titre de gage, les châteaux de BéchereP et de TrogofF* dont il confie la garde à Guillaume Latimer, son lieutenant général en Bretagne. Il percevra les revenus de ces deux seigneuries jusqu'à ce qu'il ait été remboursé de soixante -quatre mille' nobles dont il fait l'avance à son gendre pour le mettre en état de tenir la campagne contre son compétiteur. Ainsi, ce n'est plus au roi d'Angleterre, c'est à Montfort lui-même que Charles de Blois doit avoir désormais affaire, en droit, sinon en fait : rien ne s'oppose plus par conséquent à ce qu'il recommence la lutte.

Ces considérations nous font ajouter une foi médiocre au prétendu renouvellement de la trêve de 1360 qui, d'après Guillaume de Saint-André, aurait été conclu à Châteauneuf en août 1362. Quoi qu'il en soit, et en admettant même que cette trêve fût en effet prorogée d'un an, la suite des événements prouve que ni Charles de Blois ni Jean de Monifort ne tinrent le moindre compte de cette prorogation. On ignore la date précise de l'ouverture des hostilités. On sait seulement que la conduite des opérations fut confiée à du Guesclin. Cette dernière circonstance nous porte à croire que la guerre dut se rallumer en Bretagne dès la fin de 1362 ou au

1. Mandements d'Edouard HI en dale des 22 et 24 juin 1362. Bymer, vol. in, p. 658.

2. Les deux actes qui mentionnent cette réserve sont datés du 10 juillet 1362. On lit : RochtU. au Heu de Bécherel; dans le texte de Tun de ces actes (Hymer, vol. UI, p. 664). Il esl surprenant que cette faute de lecture, qui a pu échapper à un éditeur anglais, ait été reproduite par dom .Morice {Uùt. de Bretagne^ t. I, p. 299).

3. Ch&teau situé aux environs du Ponthou (Finistère, arr. Morlaix, c. Plouigneau) et dont il subsistait encore une tour au commence nent de ce siècle. TrogofT dépendait du comté de Penthièvre, héritage patrimonial de Jeanne, femme de Charles de Blois.

moins dès les premiers mois de l'année suivante. Au conunencement du printemps de 1363, Bertrand, comme nous le verrons bientôt, faisait campagne en Normandie, où un acte mentionne sa présence à Pontorson, le 1" mai, et un autre acte, à Rouen, le 10 juillet*. L'expédition de notre héros dans sa province natale doit donc être antérieure à la première de ces deux dates. Du Guesclin surprend Tennemi par une de ces marches foudroyantes qui signalent presque toujours son entrée en campagne. S'avançant de l'est à l'ouest, il s'empare successivement de Pestivien* et de Trogoff. Carhaix* l'arrête plus longtemps. Toutefois cette place doit capituler à son tour après six semaines de résistance. C'est sans doute durant cette campagne qu'au rapport d'un témoin oculaire qui déposa dans l'enquête pour la canonisation de Charles de Blois, cet excellent prince ne se lassait pas de recommander à du Guesclin d'aimer le pauvre peuple et de ne pas le laisser opprimer par ses gens d'armes*.

Nous apprenons par de curieuses lettres de rémission, qui étaient restées inconnues jusqu'à ce jour, et dont on trouvera le texte à la fin de cet ouvrage", que Bertrand occupa aussi Saint-Pol-de-Léon K II tenait garnison dans cette place vers le mois de mars 1363 et réclama, & titre de capitaine pour Charles de Blois es par-

Page 1