‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 198 sur 286 · Finistère, arr. Morlaix · texte numérisé non relu

Finistère, arr. Morlaix

lies de Bretagne, sa part de la cargaison d'un navire capturé par ses gens d'armes sur les partisans de Montfort. Du Guesclin se trouvait là dans une région assez voisine de la Roche-Derrien et de Tréguier. Il put assister par conséquent à la cérémonie mémorable, contemporaine précisément de son séjour à Saint-Pol-^e-Léon, où Charles de Blois, sans doute pour remercier Dieu des brillants succès que ses troupes venaient de remporter, parcouru! à la fin de Thiver de 1363 l'espace de deux lieues qui sépare la Roche-Derrien de Tréguier, en portant, pieds nus et couvert seulement d'une chemise, à travers la campagne glacée et couverte de neige, la chdsse de saint Yves, pendant que les Bretons, témoins attendris de cette humilité poussée jusqu^au martyre, se dépouillaient de leurs vêtements pour les étendre sur le passage de leur duc^ Bertrand, dont l'àme ne devait rester insensible à aucun genre d'héroïsme, se rappelait peiit-ètre cette scène émouvante, lorsqu'à son lit de mort il ordonnait, par une des clauses de son testament daté du siège devant Châteauneuf de Randon le 9 juillet 1380, d'envoyer un pèlerin prier pour lui aux tombeaux de saint Charles de Blois et de saint Yves, en recommandant de faire à chacun de ces deux sanctuaires une pieuse offrande.

Les succès, obtenus dans cette campagne par le lieutenant de Charles de Blois, sont d'autant plus brillants que Carhaix et Saint-Pol-de-Léon, situés en Bretagne bretonnante, appartiennent à une région où Tinfluence de Montfort avait été jusqu'alors prépondérante. Dans la Bretagne française, les armes du mari de Jeanne de Penthièvre ne sont pas moins heureuses. Robin de Yaucouleur, un autre de ses lieutenants, se rend aussi mal-

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