Voyez plus haut, chap. H, p
Ire à la même époque de la Roche aux Anes, lieu fort dont on ignore la position précise, mais dont il faut chercher l'emplacement sur les bords de la rivière de Rance.
Sur ces entrefaites, le roi Jean a quitté dès la fin de septembre 1362 sa capitale désolée de nouveau par une épidémie meurtrière ^ Il est arrivé le 20 novembre à Villeneuve, quinze jours environ après le couronnement du nouveau pape Urbain Y. Il se tient depuis lors dans ses villes du Midi et surtout à la cour d'Avignon. Il y passe rhiver en fêtes chevaleresques dont la présence de deux autres souverains, Yaldemar III, roi de Danemark', et Pierre P', roi de Chypre*, rehausse encore Téclat. Pierre I", que ses victoires sur les Infidèles ont rendu populaire dans la chrétienté, fait son entrée à Avignon le mercredi de la semaine sainte. Le sur* lendemain de Tarrivée du roi de Chypre, le vejidredi saint 31 mars 1363, les trois rois,* comme on se plaît à les désigner, prennent la croix pour répondre à l'appel entraînant du pape qui la leur remet en grande pompe. Urbain V a voulu prêcher lui-même la croisade, mais l'immense multitude, accourue pour l'en* tendre, après avoir été subjuguée un moment par le prestige d'une éloquence qu'échaulTe un cœur d'ap6tre, n'a besoin que de réfléchir ensuite froidement à ce
1. André Simonet, de Lucques, marchand de draps d*or et de soie à Paris, me Neuve-Saint-Merri, se rendit à Bruges en septembre 1362 « tam ob dubium mortalitatis épidémie Parisius tune incipientis quam pro loquendo cum aliqaibus societatis Guenisiarum tune Brugis existentibus. » Arch. Nat., sect. Jud., X^ 8, ^ 41. — L'inventaire du magasin de ce marchand est fort curieux (^* 41 à 43).
2. Valdemar UI fit son entrée & Avignon le 26 février 1363. Vitœ pap. Af>en , t. I, col. 401.
3. Pierre I* fit son entrée à Avignon le mercredi 29 mars 1363. Ibid,, ool. 401, 983.
projet pour perdre aussitôt toute foi en ses chances d'exécution.
Plus prompt à l'enthousiasme que préoccupé des moyens pratiques d'améliorer le sort de ses sujets, le roi Jean aurait certes une croisade à faire. Cette croisade qu'il pourrait accomplir sans mettre le pied hors de ses États, ce n'est pas contre les Sarrasins, c'est contre les gens des Compagnies, Anglais, Gascons, Navarrais, Bretons du parti de Montfort, dont son royaume est plus que jamais infesté, qu'il devrait l'entreprendre. En vain, par un mandement, en date du 18 janvier 1363, le roi d'Angleterre a fait sommer les chefs de quelques-unes de ces bandes, notamment James de Pipe et Hugh de Calverly, de vider les provinces laissées à Jean en vertu du traité de Brétigny ^ L'audace de ces brigands ne connaît bientôt plus de bornes. Le jeudi saint' de cette année, cinq cents d'entre eux ne craignent pas d'attaquer Orléans, et ils auraient réussi à prendre cette ville, si un enfant n'avait, comme par miracle, réveillé les «entinelles qui dormaient^ Un routier anglais qui, au commencement de l'année précédente, s'est emparé de Vendôme dont il a rançonné lecomte à quarante mille florins*, Robert Markaunt, peu après la tentative contre Orléans, fait une excursion jusque dans la banlieue du Mans, où il essaye de surprendre, au moyen d'une feinte, le château de Touvoie ^ appartenant aux évêques de cette ville ; mais