Vitœpap. Aven,, t. 1, col
5. « Aquel an (1363), fon tan gran freg et an gran gelada que lo Rozer gelet. » Parvus Thalamus, p. 365.
de cette circonstance pour s'emparer d'un certain nombre de châteaux entourés d'eau que Ton put attaquer alors aussi commodément que s'ils avaient été en terre fermée On allait à pied sec sur l'étang de Thau, depuis Cette jusqu'à Mëze'. Non-seulement un certain nombre d'animaux^ mais encore la plupart des plants de vigne et d'oliviers périrent par le froid. De mémoire d'homme, on n'avait rien vu de pareil. La chrétienté, frappée en moins d'un quart de siècle de tant de calamités & la fois, la peste de 134S, de 1362, la guerre à l'état permanent, les Compagnies, la chrétienté sentit redoubler ses inquiétudes sous l'étreinte d'un nouveau fléau qui, atteignant jusqu'aux bêtes et aux végétaux, semblait s'attaquer à la nature entière et menaçait de tarir à la surface du globe toutes les sources de la vie.
Les historiens du moyen Âge auraient grand tort de négliger ces accidents des saisons qui ont exercé parfois une si décisive influence sur la marche des événements, sur la destinée des individus et des sociétés. Ne savons-nous pas, par une expérience toute récente, qu'il suffît de quelques bonnes récoltes pour consoler une nation abattue et l'aider à se relever, comme aussi un hiver exceptionnellement rude peut mettre le comble aux maux dont souffre déjà un peuple? Quoi qu'il en soit, au plus fort de ce cruel hiver, alors que c'est presque un travail de vivre en restant à se chauffer au coin de son foyer, du Guesclin trouve assez d'énergie, jointe à une incomparable force physique, pour entreprendre et mènera bien une expédition dont nous allons lui restituer l'honneur.
Dès la première moitié de 1363, les Anglo-Navarrais